C’est quand le bonheur ?

Ça y est, la fin de l’été pointe déjà son nez, la rentrée est au coin de la rue. Il va falloir repartir au turbin, rentrer dans le rang et se rasseoir devant son verre à moitié plein ou à moitié vide, ce sera selon votre humeur et votre propension à vouloir être heureux. Être heureux est l’aspiration prioritaire de tous, très loin devant trouver le sens de la vie, devenir riche, gagner la coupe du monde de foot ou encore s’assurer le paradis, avec ou sans les 72 vièrges. Il parait même que c’est à soixante ans qu’on est le plus heureux. Ça tombe bien, je viens de les avoir et si vous avez deux ou trois plombes devant vous, je peux vous faire la liste des choses qui me rendent heureux. Ma famille, mes amis, mon boulot, enfin pas tous les jours, un Meursault bien frais, un solo de Gilmour, une redif de Gran Torino, un bon match de foot, un plat de Carbonara bien poivré, un Côté Rôtie marquée par la pierre, pousser la porte d’une boulangerie quand le pain sort du four, une partie de pétanque sous le cagnard, recevoir un compliment et ne pas le mettre en doute, profiter des premiers coups de froid pour hiberner sous la couette devant confession intime, offrir un cadeau sans raison particulière, manger du chocolat à la noisette, jouer avec du papier bulle, cuisiner des souris d’agneau, une bonne BD, une soirée entre soiffards, un foie de veau purée, ouvrir un œil le matin, regarder le réveil et me rendormir aussi sec. Je pourrais continuer comme ça très longtemps mais se serait vite chiant.

Continuer la lecture de « C’est quand le bonheur ? »

Les vacances de la vacance au naturel

Mes vacances sont natures, pas naturistes, je ne montre pas mon corps de Dieu grecs, pas Apollon, plutôt Dionysos puisque qu’un ami toubib m’a conseillé, pour ma santé, d’éviter de manger, alors que j’ai toujours l’estomac dans l’étalon. Je suis donc parti dans un endroit où on ne traite pas contre les moustiques, pour préserver la nature, selon les écologistes et pour nous pourrir la vie, selon moi et le proprio du camping. Résultat, je suis couvert de piqures de moustique tigre, de culicidés ou autres maringouins. Je suis plus piqué qu’un fakir sur un passage clouté. Trop de monde sur cette plage… Et quel cagnard … Mais qu’est-ce que je suis venu faire dans cet enfer du tourisme de masse ? Rien, comme le suggère la racine latine du mot vacance, vacuum, vide ? Il n’y a surement pas de quoi se noyer dans un océan de perplexité, mais, même si c’est l’été et que le soleil darde ses rayons mordorés, il faut quand même faire ses devoirs conjugaux de vacances. Continuer la lecture de « Les vacances de la vacance au naturel »

Qui s’est brûlé la langue n’oublie plus de souffler sur sa croupe

Avant d’entrer dans le vif du sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, je devrais même dire vous préoccupe, puisque personnellement pour ma part, je m’en tape les balloches, je voudrais faire une importante déclaration d’introduction liminaire, ce qui est, à l’évidence, un pléonasme redondant et superfluité qui passera inaperçu puisque notre belle langue Française est tombée en désuétude un peu près partout dans ce pays inculte où la culture est en jachère. Notre France, pays de la connaissance, de la littérature, des intellectuels brillants, des écrivains époustouflants. Le pays qui aime les mots, Guillaume Musso et Kev Adams … Quand je parle d’introduction liminaire, je ne parle pas de luminaire, bande d’inculte mal éclairé, je ne pense pas plus à de sataniques ébats gymnastiques que la morale réprouve en dehors des liens sacrés du mariage qui unis l’homme et la femme par l’intermédiaire de leurs sexes, je ne vais pas vous faire un dessin, vous êtes assez cochon pour visualiser la chose tout seul. Qui, à part nos valeureux profs, qu’on est les derniers, peuvent prétendre de ne point être amputé de la syntaxe, mutilé de la sémantique, éclopé de la grammaire, excisé de l’étymologie, émasculé du subjonctif ! Émasculé du subjonctif peut paraitre superfétatoire, mais s’il y a subjonctif, il y a que, et si on coupe le que, il y a émasculation ! C’est bien ce que je disais avant de parler.

Continuer la lecture de « Qui s’est brûlé la langue n’oublie plus de souffler sur sa croupe »

L’Anglais sur le goût de la langue

J’ai trois souvenir de mon dernier passage à Londres. Mind the gap, la cuisine Pakistanaise et la cruelle absence de bon vin. Mind the Gap between French and British cultures ! Oui, un fossé sépare les Français de leurs cousins Grands Bretons. Même si nos histoires se sont mêlées et entremêlés, même si une heure d’avion nous sépare, les Froggies et les Rosbifs n’ont pas grand-chose en commun et surement pas la gastronomie. Si tu traverses la manche pour boire des bières ou du Earl Grey, voir la reine à Buckingham, Big Ben, la Tour, le Bridge, Hyde Park, la city et son cornichon magique, le métro de Coven Garden et ses escaliers interminables, pendre le bus jusqu’à Portobello Roadster, tout va bien. Si tu y vas pour boire et manger, c’est l’horreur !

Continuer la lecture de « L’Anglais sur le goût de la langue »

La fascination du charmeur de serpent

Fascination est l’un de mes mots préférés, comme hypnotique, obsession, énigmatique, concupiscent, anachorète, cénobite, sycophante, jaculatoire, nyctalope, putatif ou camerlingue. J’aime être fascinée. J’aime les mots compliqués et les choses simples. La fascination apporte un mélange de rêve et d’abandon confiant. La fascination peut mener au meilleur comme au pire, elle entretient la passion, mais le risque est de perdre son libre arbitre, sa volonté, comme la paralysie saisit la victime d’un charmeur de serpent. Ça tombe bien, nous sommes justement réunis chez un charmeur de serpent, un toqué de la tocante, le Quasimodo du carré de bœuf. Des steppes de Géorgie, des pentes de l’Etna, des hauteurs du Golan, des croix de Bourgogne ou des coteaux de Champagne, il a arpenté le monde pour entretenir notre fascination du vin. Dans ce Panthéon dionysiaque, la table est tout aussi importante, elle accompagne le plaisir de boire, elle permet d’établir un lien entre ce plaisir et l’objet du plaisir. Et en parlant d’objet du plaisir, puisqu’on n’est pas là pour être ailleurs, on commence par quelques Champagnes pour rendre un hommage à Jacques, qui nous fait remarquer deux, trois pendus attablés qui sont venus sans cravate.

Continuer la lecture de « La fascination du charmeur de serpent »

Le choix de sophiste

As-tu le choix de lire ce texte ? Tu dois, bien sûr, être tenté de répondre immédiatement oui et d’aller finir cet excellent livre qui raconte la vie palpitante d’une morue que sa mère a appelée Palourde, tout un programme, et qui a fini, sur un parking de St Raie, par avoir le choix entre se faire gratter la coquille par un groupe de touristes Allemand en mal de sandalettes et de fantasmes ou de finir en brandade pour les mêmes touristes Allemands. Mais le fait est que tu es en train de me lire. Donc, tu n’as plus le choix, sauf celui de ne pas connaitre la fin.

Continuer la lecture de « Le choix de sophiste »