Petrus, pourvoyeur d’émotion

Les émotions sont des concepts très complexes, philosophiques avant d’être scientifiques, ce qui explique qu’elles furent longtemps dédaignées par les scientifiques. En effet, comment concevoir étudier des phénomènes aussi subjectifs, aussi personnels, aussi intimes ? Mais L’émotion n’est pas un phénomène totalement subjectif, certains éléments, certains processus physiologiques, comme l’accélération du pouls, la transpiration, sont communs à l’ensemble des Hommes sur la planète. Un sourire est reconnu, du fin fond de la forêt amazonienne jusqu’au cœur de la chine comme un signe de joie. Basiquement, l’émotion peut se définir comme une manifestation de la vie affective, généralement accompagnée d’un état de conscience agréable ou pénible. L’émotion est donc un trouble à durée variable, une rupture d’équilibre, contrairement à la passion, qui est un déséquilibre durable de la raison. Longtemps méprisées, parfois diabolisées, souvent incomprises, les émotions ont fait l’objet de vives discussions, pour certains philosophes, elles constitueraient un obstacle majeur au plein accomplissement de l’action, elles fausseraient le jugement et seraient une entrave aux processus délibératifs menant à l’action.

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Éloge de l’audace

Plus notre monde est sécurisé, et plus nous sommes craintifs et moins nous osons. Pourtant, c’est en osant que nous progressons. Comment se réjouir d’un parcours où l’on ne s’est jamais exposé, jamais mesuré aux difficultés. « Il meurt lentement celui qui devient l’esclave de l’habitude, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves » écrivait Pablo Neruda. A force de sécurisation tous azimuts, nos grandes anxiétés ont disparues et ont laisser la place à des peurs plus insidieuses :  la crainte du regard et du jugement de l’autre, peur de laisser un message sur un répondeur, de vieillir, de parler à des inconnus, d’avoir l’air médiocre, de prendre des décisions…

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Des chiffres et des litres

Bien avant JC Van Damne, Toto, Raymond Domenech, Luc Besson, Cyril Hanouna et le calcul rénal, l’homme a inventé le zéro, puis les autres chiffres. Il a commencé par se demander ce qu’il pouvait bien en faire, puis il a décidé de trouver un truc sympa pour que son imagination féconde ne reste pas mer morte et pour ne pas avoir appris à compter jusqu’à 19.452,47 pour des prunes. Un jour, ou peut-être une nuit, et même si les « i Phone » dotés d’une lampe intégrée n’avait pas encore été inventés, le comptable de la tribu a lancé un pavé de thon dans la marmite du pêcheur en ayant l’idée de remplacer les osselets de mammouth par des calculatrices Casio.

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L’Anglais sur le goût de la langue

J’ai trois souvenir de mon dernier passage à Londres. Mind the gap, la cuisine Pakistanaise et la cruelle absence de bon vin. Mind the Gap between French and British cultures ! Oui, un fossé sépare les Français de leurs cousins Grands Bretons. Même si nos histoires se sont mêlées et entremêlés, même si une heure d’avion nous sépare, les Froggies et les Rosbifs n’ont pas grand-chose en commun et surement pas la gastronomie. Si tu traverses la manche pour boire des bières ou du Earl Grey, voir la reine à Buckingham, Big Ben, la Tour, le Bridge, Hyde Park, la city et son cornichon magique, le métro de Coven Garden et ses escaliers interminables, pendre le bus jusqu’à Portobello Roadster, tout va bien. Si tu y vas pour boire et manger, c’est l’horreur !

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La fascination du charmeur de serpent

Fascination est l’un de mes mots préférés, comme hypnotique, obsession, énigmatique, concupiscent, anachorète, cénobite, sycophante, jaculatoire, nyctalope, putatif ou camerlingue. J’aime être fascinée. J’aime les mots compliqués et les choses simples. La fascination apporte un mélange de rêve et d’abandon confiant. La fascination peut mener au meilleur comme au pire, elle entretient la passion, mais le risque est de perdre son libre arbitre, sa volonté, comme la paralysie saisit la victime d’un charmeur de serpent. Ça tombe bien, nous sommes justement réunis chez un charmeur de serpent, un toqué de la tocante, le Quasimodo du carré de bœuf. Des steppes de Géorgie, des pentes de l’Etna, des hauteurs du Golan, des croix de Bourgogne ou des coteaux de Champagne, il a arpenté le monde pour entretenir notre fascination du vin. Dans ce Panthéon dionysiaque, la table est tout aussi importante, elle accompagne le plaisir de boire, elle permet d’établir un lien entre ce plaisir et l’objet du plaisir. Et en parlant d’objet du plaisir, puisqu’on n’est pas là pour être ailleurs, on commence par quelques Champagnes pour rendre un hommage à Jacques, qui nous fait remarquer deux, trois pendus attablés qui sont venus sans cravate.

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Suivre son étoile, pas le troupeau

Au cœur du Mâconnais, un petit village s’appelle Chardonnay. On dit qu’il serait le berceau du cépage du même nom. La légende dit même que c’est les Croisés qui l’auraient ramené de leurs voyages. Pour que la vérité rattrape le terrain perdu sur la légende, il a fallu qu’une équipe de chercheurs de l’Université de Californie démontre qu’il est issu d’un croisement entre le pinot noir N, bien connu en Bourgogne et le gouais B. Il appartient donc à la famille des Noiriens. En France, le chardonnay est le cépage qui préside à la naissance des grands blancs bourguignons, il fait aussi partie du paysage champenois, des vignobles jurassiens et de quelques autres régions. Les vins issus de Chardonnay sont des vins amples et élégants aux arômes fins et fruités. Les arômes varient selon les terroirs : miel, beurre en Côte d’Or, pierre à fusil, fruits blancs à Chablis. Les champagnes blancs de blanc développent eux des arômes de pain grillé, brioche, de noisette et d’agrumes.

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Le miroir aux alouettes

Cette expression prend sa source dans la chasse. C’est un type de piège qu’utilisaient les chasseurs pour piéger les oiseaux. Le piège, un morceau de bois en forme d’oiseau, était constellé de petits morceaux d’un miroir, en agitant ces objets, les chasseurs attiraient de nombreux oiseaux, qu’ils n’avaient alors plus qu’à attraper au filet. La raison de cette attirance est simple : certaines espèces d’oiseaux, parmi lesquels l’alouette, ont une sensibilité inhabituelle à la lumière. Leur œil, alors attiré par ces rayons multiples, les emmène droit dans le piège des chasseurs. Triste fin pour l’oiseau chanteur.  Le miroir aux alouettes est un piège qui vous amène à un endroit où vous ne voulez pas être. Cela signifie donc que vous vous êtes fait berner.

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Où sont les neiges d’antan ?

C’était mieux quand c’était mieux avant, me disait, avec philosophie, « Djénifeur », ma shampouineuse, tout en me malaxant frénétiquement le crâne. Passé le fait qu’elle a juste 16 ans et qu’elle confonde Proust et Gérard de Villiers, elle coupe les cheveux en quatre et pense que le travail, c’était mieux avant, que Cabrel, c’est mieux que Nirvana et que les hommes politiques d’avant, ils savaient parler aux gens. Elle a terminé son analyse sociologique par un inévitable : « y a plus de saisons« . Sur ce point, elle a fondamentalement raison, ils ont prévu de la neige ce soir ! Je ne sais pas qui il a derrière les « ils », mais ils ont eu foutrement raison.

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La comparaison n’a pas toujours raison

Friedrich Nietzsche n’avait pas toujours raison, sauf quand il a dit « tous ce qui nous tue nous rend plus mort » ou quand il affirmait que le christianisme et l’alcool étaient les deux plus grands corrupteurs ou quand il écrivait qu’il était absurde de comparer un nihilisme et un humanisme et aussi quand … Bref, il avait quand même souvent raison le Nietzschounet et en plus, il le disait mieux que moi. Il y a toujours matière à comparaison, un peu comme quand tu compares le bide de JeanDa avec l’esprit de déduction de Rage, comparé au vide sidéral, même la bedaine du frisé nous inspirera toujours la grâce d’un éléphanteau dans un musée de porcelaines miniatures. Hormis pour Régis, pour qui le raisonnement reste encore une démarche abstraite, nous avons souvent besoin, pour réellement comprendre certaines choses, d’établir des points de relation avec notre vécu, avec la réalité perceptible par nous.

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A la recherche des arômes perdus

Longtemps, je me suis couché de bonne heure, pas pour dormir, mais pour lire et mieux me porter. Selon des chercheurs de l’université de Yale, une demi-heure de lecture par jour augmenterait l’espérance de vie de deux ans. Même du Marcel Proust ? Une histoire de madeleine, des phrases de 40 lignes, pas d’action. Oui monsieur ! Deux ans de rab pour quelques madeleines, une Albertine et 2.400 pages divisées en 7 tomes, c’est cadeau, ça me fait plaisir. Passée du statut de simple gâteau à celui de référence littéraire ancrée dans la culture populaire, la célèbre madeleine a désormais acquis une valeur d’icône. Cette expression est utilisée pour évoquer un phénomène bien particulier lié à la réminiscence d’arômes et de goûts, les sentiments et les souvenirs que provoquent chez nous une sensation, une odeur, etc.

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