Voici venu le temps des rires et de Didier Deschamps

Je suis fatigué, raide mort, lessivé, éreinté, harassé, vidé, même un peu fourbi, voire fourbu, ça dépend des jours, je n’ai que le temps de bosser, même plus de temps à perdre et ça fait un bout de temps que je ne suis pas passé par ici. Pas le temps, plus le temps, j’ai des valises en carton sous les yeux et un sourire captieux (oui, je sais, mais j’avais envie de dire captieux). J’ai même plus le temps de boire un coup de Meursault bien frais, de lire et encore moins le temps d’écrire. Mais ce n’est pas de ça que je voulais vous parler, en fait, à la base, je voulais faire un post sur la dendrochronologie et le Meursault bien frais, mais je suis dit que ça n’intéressait surement personne, moi, personnellement, j’avoue que je m’en cogne de la dendrochronologie (mais pas du Meursault). Si je n’ai pas le temps, alors parlons du temps. Pas le temps qu’il fait, puisque, d’ici à ce que vous me lisiez, le temps aura surement changé, les orages auront, peut-être, pris la décision d’aller rincer quelqu’un d’autre. Mais, toujours soucieux d’élever le débat citoyen, je vous propose aujourd’hui des éléments de réponse à une vraie question dans l’air du temps : Le temps existe-t-il, les événements passés et futurs existent-ils, et y a-t-il un présent objectif et en corollaire, la France sera-t-elle championne du monde de football avec les pieds ?

Le temps, c’est une chose avec laquelle nous sommes tous familier, mais aussi qui pose énormément de questions, tant nos intuitions temporelles communes peuvent s’avérer parfois contradictoires, ou pour le moins difficile à expliciter de manière cohérente. Tout le monde croit savoir ce qu’est le temps. La preuve, nous sommes tous capables de distinguer, sans aucune ambiguïté, le passé du présent ou le présent du futur, sauf si tu es atteint de maladies neurologiques ou que tu t’appelles Régis. Pourtant, qui serait en mesure de donner une définition précise du temps ?  La rousse aux petit Robert, par exemple, nous éclaire : « milieu indéfini où paraissent se dérouler irréversiblement les existences dans leur changement, les événements et les phénomènes dans leur succession« . Là, franchement, je reste clairement sur ma soif. C’est un peu comme si toute nos expériences quotidiennes se déployaient dans une dimension apparemment perceptible du temps, sans que nous sachions dire ce que c’est vraiment, à l’instar du Bourgeois gentilhomme qui faisait de la prose sans le savoir. Le temps reste une énigme, même pour nos physiciens eux-mêmes, dont on aurait attendu qu’ils nous sortent de cette impasse temporelle.

Alors, quand ce type m’a demandé si j’avais encore le temps de passer le voir, j’aurai pu utiliser ce questionnement, pour lui dire que selon le philosophe Héraclite, le temps était l’impermanence de toute chose, ce qui n’a pas vraiment plu à Parménide, qui pensait que le changement n’est qu’apparence dans une réalité statique, Aristote a mis son grain de sel en assenant l’argument fataliste suivant : si d’après le principe logique du tiers exclu toute proposition est soit vraie soit fausse, alors la proposition qui affirme qu’une bataille maritime aura lieu demain est soit vraie soit fausse, et le futur est déjà déterminé… Platon a mis tout le monde d’accord en proposant d’aller se pinter la ruche à la prochaine taverne. J’aurai pu, mais, pour le bien-être de l’humanité en général et le mien en particulier, j’ai préféré lui dire que j’avais choppé une diarrhée volcanique, que je l’avais refilée à Pedro Ximenez, mon Yorkshire géant, le pauvre en était mort de peur et j’avais dû le faire incinérer en le noyant dans le formol en regardant l’ouverture de la coupe du monde de football avec les pieds tout en essayant d’expliquer la règle du hors-jeu à Ranulphe, mon pote imaginaire. Tu me diras, et tu n’aurais pas tord de me le dire, qu’au lieu de mater un match pourri qui oppose deux nouveaux riches, des Russes même pas blancs et des Saoudiens même pas réveillés, j’aurai pu pondre un beau texte, un texte poignant, un texte de plusieurs pages, une histoire belle comme le soleil qui se couche sur le sourire d’un enfant après la pluie au printemps. Oui, j’aurai pu, c’est certain, mais non, j’ai préféré dire : « Ô temps, laisse pas traîner ton Bol n’importe où, bon sang, Ranulphe les lave-vaisselles, c’est pas fait pour les pandas roux.

Une pensée sur “Voici venu le temps des rires et de Didier Deschamps”

  1. Peut-être qu’un coup de MEURSAULT te remettrait les idées en place…
    Ou alors relire Philip K Dick… Peut-être…
    Mais une chose est sûre : arrête les matchs de l’équipe de France !

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