Je suis heureux … j’ai raté ma vie

Je m’présente, je m’appelle Henri, j’voudrais bien réussir ma vie, être aimé, être beau gagner de l’argent, puis surtout être intelligent, mais pour tout ça il faudrait que j’bosse à plein temps. Et c’est bien là que se situe le problème, je ne suis pas chanteur comme Balavoine ou Bernard Tapie. Mais qu’est-ce qu’une vie réussie ? Qu’est-ce qu’une vie bonne pour parler comme les philosophes antiques ? Sur quel critère est-il possible de se dire que l’on a vécu une belle vie, comme le chantait Sacha Distel ? Il existe mille et une façons de réussir sa vie et presque autant de la rater… Nos vies ressemblent bien souvent à des réussites en demi-teinte ou des moitiés de raté, le verre à moitié plein ou à moitié vide, des ratages en clair-obscur, entre gris clair et gris foncé, comme le chantait Jean-Jacques Goldman…

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Où sont les neiges d’antan ?

C’était mieux quand c’était mieux avant, me disait, avec philosophie, « Djénifeur », ma shampouineuse, tout en me malaxant frénétiquement le crâne. Passé le fait qu’elle a juste 16 ans et qu’elle confonde Proust et Gérard de Villiers, elle coupe les cheveux en quatre et pense que le travail, c’était mieux avant, que Cabrel, c’est mieux que Nirvana et que les hommes politiques d’avant, ils savaient parler aux gens. Elle a terminé son analyse sociologique par un inévitable : « y a plus de saisons« . Sur ce point, elle a fondamentalement raison, ils ont prévu de la neige ce soir ! Je ne sais pas qui il a derrière les « ils », mais ils ont eu foutrement raison.

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Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter

Ce titre est une citation issue des Syllogismes de l’amertume d’Emil Cioran. Pour une bonne partie, c’est un texte tiré de feu leverasoif. Oui, je sais, je fais de la récup. Pourquoi exhumer un vieux texte ? Parce qu’il le vaut bien ! Parce que je l’ai décidé et parce qu’il contient tout ce qui est important à mes yeux. Une rasade de vin, un chouia de philo, de la mélancolie, celle qui, comme les coups de soleil, fait mal la nuit, une touche d’absurdité, un rot, un pet, des pandas roux, un boukistanais et beaucoup de dérision. Cioran a surement raison, dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter. Mais j’ajouterai que si dans ce monde sans mélancolie, sans amertume, si les rossignols devaient roter, alors, il faudrait aussi que les pandas roux pètent… Dans un monde mélancolique, rire est salutaire, le rire, c’est sérieux …  Imagine une soirée calme, tranquille, à siroter un verre de Meursault bien frais.

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La comparaison n’a pas toujours raison

Friedrich Nietzsche n’avait pas toujours raison, sauf quand il a dit « tous ce qui nous tue nous rend plus mort » ou quand il affirmait que le christianisme et l’alcool étaient les deux plus grands corrupteurs ou quand il écrivait qu’il était absurde de comparer un nihilisme et un humanisme et aussi quand … Bref, il avait quand même souvent raison le Nietzschounet et en plus, il le disait mieux que moi. Il y a toujours matière à comparaison, un peu comme quand tu compares le bide de JeanDa avec l’esprit de déduction de Rage, comparé au vide sidéral, même la bedaine du frisé nous inspirera toujours la grâce d’un éléphanteau dans un musée de porcelaines miniatures. Hormis pour Régis, pour qui le raisonnement reste encore une démarche abstraite, nous avons souvent besoin, pour réellement comprendre certaines choses, d’établir des points de relation avec notre vécu, avec la réalité perceptible par nous.

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La clé du vin

Un désaccord ne signifie pas toujours qu’on s’oppose, mais le plus souvent, qu’on se complète, comme le prouve cette anecdote tirée du Don Quichotte de Cervantès. Un village reçoit un tonneau de vin et veut savoir si le vin est bon. Les villageois font appel aux compétences de deux éminents spécialistes du village.  Le premier goûte le vin et dit : « ce vin est excellent, fin, élégant, très long en bouche, mais ce petit goût de fer gâche un peu la finale« . Le deuxième goûte à son tour et dit : « Ce vin est très bon, souple, délicieux si ce n’est ce goût de cuir qui en altère sa saveur« .

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Le nihilisme n’est pas mort

Méphistophélès affirme, dans le « Faust » de Goethe : « il serait mieux que rien n’existât, car tout ce qui existe est digne d’être détruit« . Cette pensée, purement nihiliste, est une pensée bourgeoise, snobinarde, faisant bon teint dans les salons et permet de se donner des faux-airs de dandys décalés à ceux qui la déclame, mais en fait, il s’agit d’une pensée et d’une pensée uniquement. Son application est impossible. Personne ne peut suivre réellement ce précepte nihiliste. Mais impossible n’est pas Ranulphe, j’te f’rais dire ! Ranulphe, c’est mon prof de dégustation acrobatique, 3 fois médaillé aux jeux de Beaune, nihiliste de la première heure et fan de Claude François, période EDF. Continuer la lecture de « Le nihilisme n’est pas mort »

Le maitre d’arme

Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent leur tombe.  Il fait bon vivre aux États-Unis d’Amérique. Ce pays où n’importe quel enfant peut devenir le prochain Lincoln … et finir sous les balles d’un psychopathe. Après la dernière tuerie, Trump n’a pas parlé une seule fois des armes à feu, il s’est rangé derrière les arguments de la NRA (National Rifle Association). Le tueur était un déséquilibré, la preuve, il portait une casquette « Rendons sa grandeur à l’Amérique« . La seule proposition du Président des États-Unis des flingues : « Pour arrêter un méchant qui est armé, il faut un gentil qui est armé« .

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La chute du faucon même pas noir

« L’homme souffre si profondément qu’il a dû inventer le rire« , affirme le philosophe Nietzsche. J’avoue qu’hier, vers environ 9h01, je soufrais si profondément que j’ai oublié de rire à la blague de Friedrich Wilhelm le prussien. Arrivé avec une minute de retard à mon premier rendez-vous de la journée, impardonnable, je me précipite vers l’entrée, je mets un pied sur le carrelage givré comme un SDF laissé dehors un soir de février, et décollage immédiat, double lutz avec boucle piquée et atterrissage sur la main. Résultat du jury : 9/10 en note artistique et une fracture du cubitus. Hilarant ! « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer« , lance Figaro à son maître dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais. Il voulait certainement dire par là, et pourquoi n’irait-il pas par-là, que prendre les événements de manière détachée, en plaisantant, permet, avec le recul qu’implique l’humour, de mieux les supporter. Continuer la lecture de « La chute du faucon même pas noir »

A la recherche des arômes perdus

Longtemps, je me suis couché de bonne heure, pas pour dormir, mais pour lire et mieux me porter. Selon des chercheurs de l’université de Yale, une demi-heure de lecture par jour augmenterait l’espérance de vie de deux ans. Même du Marcel Proust ? Une histoire de madeleine, des phrases de 40 lignes, pas d’action. Oui monsieur ! Deux ans de rab pour quelques madeleines, une Albertine et 2.400 pages divisées en 7 tomes, c’est cadeau, ça me fait plaisir. Passée du statut de simple gâteau à celui de référence littéraire ancrée dans la culture populaire, la célèbre madeleine a désormais acquis une valeur d’icône. Cette expression est utilisée pour évoquer un phénomène bien particulier lié à la réminiscence d’arômes et de goûts, les sentiments et les souvenirs que provoquent chez nous une sensation, une odeur, etc.

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Ni Dieu ni mètre étalon

Avant tout, je tiens à avertir mes lecteurs, si, dans ce texte inspiré d’un épisode de South Park, une série animée inspirée par le style de Terry Gilliam des Monty Python, si certains arguments et exemples vous ennuient, vous offusquent ou même vous choquent, tant mieux, c’était le but ! Comme me l’a enseigné personnellement Bouddha, la sagesse se trouve sur la dent du même nom ou sur la voie du milieu, mais attention, c’est dangereux, surtout sur l’autoroute de la vie. South Park est très pipi-caca, vulgaire, grossier, obscène, blasphématoire, insultant, politiquement incorrect, bref, tout ce que j’aime. Mais, si on regarde au-delà des apparences et des préjugés, on trouvera matière à discuter sur le fond plutôt que sur la forme, et y trouver matière à de grands questionnements philosophiques.

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