Le fil d’Arianna

Arianna, c’est le nom d’une des épouses de Bacchus.  Un signe ? Surement ? La famille, un autre signe. Très jeune, son oncle Giusto l’emmène à Vinitaly pour représenter le domaine COS. Dans la foulée, elle termine ses études et part pour la Faculté d’Œnologie de Milan. Une carrière est née. A l’image de son oncle qui vient de sortir les amphores de l’argile d’Espagne, elle rêve de faire des grands vins sur le terroir de son enfance, en Sicile, près de Vittoria, au sud-est de l’île, une campagne sauvage et envoutante. Elle achète 1 hectare de terres au lieu-dit Fossa di Lupo, un lopin de terre dans l’Appellation actuelle Cerasuolo di Vittoria, des vignes de 20 ans d’âge, de Frappato et de Nero d’Avola. Ces études Milanaise digérées, elle va se forger ses certitudes, jeter aux oubliettes celles de ses professeurs qui lui ont appris le vin comme un produit industriel dont on doit contrôler chaque molécule chimiquement, qu’on construit à base de levures chimiquement parfaite pour standardiser le produit. Elle va faire ce qu’on doit toujours faire avant d’agir : réfléchir, tester, essayer, se tromper parfois, mais pour rebondir, améliorer. Un questionnement permanent, avec comme seul but, progresser et toujours faire mieux. Elle côtoie Elisabetta Foradori, Frank Cornelissen ou Nicolas Joly, et se forge ses certitudes : le respect des sols et de la nature, la biodiversité, la rigueur. Elle aspire à un vin léger, élégant, peu alcoolisé.

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Comme un dieu parmi les hommes

Paradoxe épicurien sur l’amitié et le vin

L’homme heureux a-t-il des amis et du vin ? Même si elle est paradoxale, la question n’est pas absurde. Elle est même à la croisée de mes préoccupations actuelles. Commençons par exposer le problème de manière abstraite. On voit de suite poindre le casse-tête logique où se croisent les définitions de l’amitié, du besoin, du bonheur et du vin. D’un côté, l’affaire est pliée, c’est évident, l’homme heureux a des amis, des amis qui aiment le vin, évidemment. Justement, sans amis et sans vin, abandonné comme un chanteur mort, l’homme ordinaire, à l’instar du vin ordinaire, serait le plus malheureux des hommes. Donc l’homme heureux a des amis, et si possible, nombreux, amateurs de vin, fidèles et eux-mêmes heureux, puisque le bonheur est contagieux. C’est même la seule définition raisonnable de l’homme heureux. Oui mais ! Si l’homme était vraiment heureux, il n’aurait besoin de rien ni de personne, il n’aurait donc pas d’amis et pas de vins dans sa cave, il se suffirait à lui-même. Il passerait ses journées sur Eurosport à mater du Curling acrobatique ou des replays de confessions intime pour se bidonner quand Francis Lalanne entre en communication avec les arbres.

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Dresseurs de volcan

Susucaru rosato 2016 – Frank Cornelissen

Si les indiens avaient leur eau de feu, les siciliens ont leur vin de feu. Dominant la Sicile du haut de ses 3.350 mètres, l’Etna est une ile dans une ile. Le volcan possède un écosystème complexe. Entre les champs de lave, les agrumes du bas de pente, les châtaigniers d’altitude et les pistaches de Bronte, la vigne s’est taillée la part belle. L’Etna, c’est la demeure mythique des titans, c’est là qu’Ulysse a endormi le cyclope en l’enivrant du vin de l’Etna. C’est sur les pentes du volcan que pousse le « nerello mascalese », un cépage marié et acclimaté au terroir si particulier du volcan. La prise en compte de nombreux microclimats, la juxtaposition des différentes coulées de lave, voit la montée en puissance du concept de cru sur le volcan. Des zones distinctes appelées Contrada en Sicile.  De Serra della Contessa sur le flan sud-est à la Contrada Caselle sur le flan est, ou Chiusa Spagnola au nord,  chaque Contrada a ses propres caractéristiques qui font des vins différents et uniques.

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De l’art d’être dans la lune

Viognier La Face cachée de la Lune 2014 Jean Delobre

Être dans la Lune, voilà bien l’expression qui m’a suivi durant toute mon enfance, même si mes premiers désaccords avec cette métaphore concernent la Lune, justement. Pour moi, je n’étais pas dans la Lune mais dans mes rêves à m’imaginer un sens au mystérieux et à ses mystères. Malgré tout j’ai très vite compris qu’en français, c’est LA lune et LE soleil. Ce soleil qui irradie sa lumière, et cette Lune qui ne fait simplement que réfléchir cette lumière. La Lune est aussi le symbole des rythmes biologiques, celui du temps qui passe. Les connaissances empiriques des hommes sur l’agriculture ont toujours accordé beaucoup d’importance à la Lune. Les vignerons qui travaillent en biodynamie suivent un calendrier lunaire et font concorder les travaux agricoles avec certaines phases de la lune. Ils utilisent « les forces de vie », la biodynamie inscrit la plante dans la durée, un devenir et dans un cycle.

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Le litre et le néant

Aujourd’hui, j’imprime mon premier billet. Ou plutôt le premier billet d’une nouvelle vie bloggesque. Une façon comme une autre de tourner la page d’une cénosillicaphobie qui m’a porté vers une Oenosemiophobie (la peur des étiquettes de bouteille de vin), crainte qui a fini par muter en Xyloglossophobie, la phobie de la langue de bois. Mais, rassurez-vous, ça se soigne! Je ne suis pas devenu vinophobe, loin de là ! Ceux qui ont la malchance de me connaitre vous le diront, je me soigne au Meursault bien frais ou à dose non-homéopathique de Côte-Rôtie, minérale et sauvage de préférence. Au début, il s’agissait de m’exprimer sur tout, sur rien, mais sur le vin, parfois en vain, deux milles billets et un peu de fausse monnaie plus tard, ma philosophie de comptoir m’a rattrapé. Après 15 ans à renâcler du vieux à la sortie du goulot, j’ai décidé de tenter une nouvelle approche de la chose vineuse. Un regard philosophique sur le vin. J’ai même pensé à plagier Jean-Paul, Sartre pas Belmondo, et appeler ce blog: « Le litre et le néant ». Néanmoins, la seule question qui me taraude, est : pourquoi associer le vin et la philosophie, fusse-t-elle de comptoir?

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