L’idéal pique-nique d’un chimiste idéaliste

Chez le serpent, on a nos habitudes, quand le thermomètre consent enfin à monter dans les tours, on organise « the pique-nique » à la belle étoile. Attention, il ne s’agit pas ici d’un vulgaire casse-croûte vite fait, mal fait, d’un gouter de chérubins libidineux, d’une collation de bobo ou d’un mâchon avec boites manufacturées, genre chips goût barbecue scandinave, d’une ration de combat tchétchène ou d’une salade de nouilles sous préservatif. Non, chez le serpent, c’est du lourd, du fait main, du pénible pour l’estomac, il faut que ça envoie des calories, que ça fouette les papilles et le nez, que ça cause au gosier question jus de raisin. Attention, il ne faut pas venir avec de la futaille de chardonnay, c’est pas un menu sur l’herbe à galipette qu’on prépare, c’est un déjeuner de rois, de princes, la tournée des grands-ducs de Bourgogne, un festin campagnard, des ripailles bocagères, pas une partouze à vinasse. Pour ce qui concerne les us et coutumes, le Jeanda s’accroche à son train de côte de bœuf comme la vérole au bas clergé, il lui faut sa viande amoureusement cuite dans le vin blanc avec un train d’oignons nouveaux et une rafale de légumes. On lui oppose la jurisprudence soiffarde, jamais le même plat deux années de suite.…

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Théorie du dualisme minéral et autres cauchemars

Longtemps l’apanage des eaux, la minéralité envahie le monde de la dégustation du vin. La minéralité est un qualificatif de plus en plus utilisé. Pourtant il existe depuis toujours. Pendant longtemps, en Alsace, c’était le goût de pétrole, en Bourgogne, ce sont des odeurs soufrées, de silex, de poudre à canon, des arômes brûlés, voire oxydés. Dans d’autres régions, la minéralité s’apparente à la mine de crayon, au graphite, ou encore à l’encre. Pour avoir goûté en compagnie de quelques stakhanovistes du goulot, il semblerait qu’un vin minéral ait plutôt une acidité marquée et qu’il soit un rien austère. Le mot « minéralité » est souvent employé mais jamais défini. Et c’est là son principal problème. Tout d’abord, la minéralité est une notion subjective, donc non mesurable, contrairement à l’acidité. Et, non contente d’être une notion on ne peut plus subjective, elle peut recouvrir des choses assez différentes. D’abord, et c’est le côté le plus facile, il y a les arômes dits minéraux que l’on trouve dans certains vins : les arômes de pierre à fusil, de silex, de pierre sèche et on peut même y ajouter les arômes pétrolés bien que l’origine des arômes pétrolés soit discutable et discutée. Nous avons également la minéralité en bouche, les notes salines sont souvent qualifiées de minérales, ce sont des impressions tactiles ou gustatives et les explications ou définitions avancées sont toujours faciles à tourner en dérision. Pour certains, « minéral » s’opposerait à « pute »! Un nouveau messie autoproclamé de la dégustation n’hésite pas dans un de ses commentaires à dire : « un vin à la minéralité sous-jacente qui exhale des parfums d’eau de vie et termine sur une eau de roche … » Jésus transformait l’eau en vin, notre Messie vineux nous la fait à l’envers …

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La crise sur le bout des doigts

Comment m’est venu cette idée de faire un menu à manger avec les doigts ? Ce n’est surement pas la crise qui veut çà ! Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça. Mais comme vous le savez déjà, je suis un fan absolu des redifs de « confessions intimes », ça m’apaise et ça m’endort. La semaine dernière, je suis tombé sur une redif de la création de la pizzeria échangiste « Jacky et Michelle ». Lui, Jacky, look de DJ de charcuterie, ex-proxénète en freelance, gros bide, chemise blanche maculée de sauce tomate, rouflaquettes ridicules, botte en croco suisse, fan de Johnny et jaloux comme un trou. Elle, Michelle, distinguée comme une actrice porno en fin de carrière, mini-jupe, string argenté, un chantier de 10 bâtons au niveau des chicots, maquillée comme une voiture volée et petit top trop court laissant déborder ses deux pastèques avariées. Le type, jaloux maladif, ne trouve rien de mieux à faire qu’à se maquer avec une blondasse qui a écumé toutes les boîtes de strip du coin en écartant les cuisses comme un compas devant un parterre de bouseux à 2 grammes dans chaque poche. Faut vraiment chercher les emmerdes.

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Prolégomènes asymétriques, psittacismes italiens et petit nouveau

Je ne vais pas te le cacher plus longtemps, si j’ai taillé mon clavier pour t’écrire, c’est la faute à l’héritage pitoyable de mai 68, aux attentats du 11 septembre, à la crise du COVID, à Sarkozy, à Poutine, aux pluies de sable de mars et à ma prochaine déclaration d’impôts. En remplissant ma 2072-S/C avec joie et fébrilité afin de payer cet impôt juste mais néanmoins cruel qui nous frappe tous, j’eu un doute pernicieux, ne m’étais-je pas leurré en case XW8? En effet, je ne souhaite pas payer de redevance audiovisuelle, au prétexte que la télé c’est de la merde cathodique, même le dimanche, jour des gros manches. Si cette exonération dérogatoire est ordinairement possible, au regard du CGI art125B alinéa 259, je devrais, a contrario, cocher la case GZ25 et payer la taxe « j’échappe à la télé donc je suis moins con que la moyenne », ce qui induit une taxe égale au double de la redevance susnommée.

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L’Insoutenable Légèreté de l’être ou ne pas être

Sans honte, je te le dis, j’ai peur, j’ai les miquettes, la trouille bleue, verte, noire, la sainte trouille, j’ai les foies, la pétoche, les chocottes, je flippe ma race, j’ai les grelots, je balise, je clignote des castagnettes, je fouette du calcif, je sue des tifs, j’ai les boyaux en zigzag, les noix qui font bravo, j’ai les fumerons qui me manquent sous le ballon, bref, je psykote, j’ai peur, je peux même dire que j’ai une petite anxiété. J’ai la certitude désormais qu’ils sont là, Bernard Tapis dans l’ombre, prêts à nous sauter sur le râble, prêt à notre la mettre profond. Nous les croisons tous les jours, ils ont l’apparence d’êtres normaux, mais ils ne sont pas comme nous. Ils mangent comme nous, ils boivent comme nous, ils baisent leurs femmes comme nous, et parfois même la tienne aussi au passage, mais je ne t’ai rien dit. Ils aiment leurs enfants, leurs chiens aussi. Ils n’aiment pas les roux, les Boukistanais, les pandas, comme nous, enfin, surtout comme moi. Bref, ils font tout comme nous … Sauf que ce sont des antivax, des gens pas vaccinés, pas comme nous…

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Un peu de sérénité et de vérité pour penser la future année

2021 a été miné par les fakes-news, par l’immigrationnisme responsable de tout, le lobby LGBT qui remplacerait le lobby juif, l’abstention politique, l’idéologie écologiste qui fantasme un réchauffement climatique et la nocivité des vaccins contre le Covid-19. Il n’y a plus d’engagement, les couples divorcent et l’insécurité grimpe en flèche. Des médias béats et des réseaux sociaux transis font leur fiel d’une soi-disant information que personne n’a jugé bon de vérifier. En matière de fake-news, tout est permis, le pire est à venir. Pour certains, l’immigration est due à l’insécurité, aux éoliennes et aux effets du vaccin. Pour d’autres, il suffit de se laver à l’urine, manger de l’ail et sniffer de la cocaïne pour se protéger. On lit tout et n’importe quoi sur la toile. Aujourd’hui, même Sherlock Holmes aurait du mal à débusquer le vrai du faux. Impossible de démêler ce sac de nœuds, pas si élémentaire que ça mon cher Watson.

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Quand la bise fut (re)venue

Bon, puisqu’il est de bon ton de le faire, et malgré une grippe aussi minable qu’interminable, je me lance : aux indulgents et aux ironiques, aux bienveillants et aux acrimonieux, aux envieux et aux désintéressés, aux zélateurs et aux blasés, aux capricants et aux feignants, aux bien-portants et aux valétudinaires, aux turpides et aux turpitudes, aux vétustes et aux vestales, aux antiques et ceux en toc, aux caducs et aux aqueducs, aux gothiques et aux mystiques, aux golgoths  et aux ostrogoths, aux goupillons et aux papillons, aux  dormeurs et à la dormance, aux gongoristes et aux culturistes, à nycthémère et aux fan d’NTM, aux incunables et aux incultes, aux saprophytes et aux capitalistes, aux Dupont et Dupond, à Gault et Millau, aux Chevalier-Montrachet et Laspalès, à Michel Blanc et aux grands Blacks, à Mimi et à Mati, à Roméo et Juliette Gréco, à Villeroy et Boch, à Simone de Beauvoir and Garfunkel, à Sacco et Spaghetti, à Paul et mille Victor, aux pandas roux et combaluzier, a Tintin et à Mouloud Achour, aux acerbes et aux croates, aux ceux qui passent et rapaces sans laisser de traces, à ceux qui préfèrent le rouge et noir aux petits blancs, à celles qui pensent et fait mes rides, à ceux qui préfèrent un petit pet à une contrepèterie, aux violeurs de père noël, aux voleurs de nouvel an, à ceux qui laissent des livres chiants dans leurs toilettes, aux abscons et aux absents, à ceux qui sont à l’ouest, à ceux qui pensent qu’au nord c’était la Corogne, à ceux qui savent pas distinguer un dialogue, un monologue, un épilogue, un catalogue, d’un blogue, à ceux qui savent que je ne lis pas Sartre parce que je ne supporte pas les mains sales, à ceux qui vermifugent les autobus, aux blaireaux et aux taureaux, aux moustachus et aux imberbes, à ceux qui confondent un Beaujolais et une Rome à nez , aux optimistes et aux utopistes, aux chialeurs et aux râleurs qui se torchent les billes à la toile émeri, aux indécrottables râleurs pessimistes qui ne croient plus en l’avenir, aux antivirus et aux antivax, à ceux à qui je n’ai pas pensé, à ceux qui n’ont pas compris ces vœux, à tous, je vous souhaite de résister à l’indifférence de notre époque, je vous souhaite de ne renoncer à rien qui vous importe, je vous souhaite d’être vous, d’être unique et heureux, grosse bise malgré le virus, et comme le poète l’a chanté, marcher sur l’eau, éviter les péages, jamais souffrir, juste faire hennir les chevaux du plaisir.

Bonne à nez et bonne sans thé ! Pis surtout, la santé !

Vous reprendrez bien un peu de pain sec ?

L’abus de plaisir ne nuit pas au bonheur. Le plaisir de la table est comme l’argent, on peut être heureux dans la ruine mais l’opulence ne nuit pas au bonheur. On ne perd rien à vivre passionné par le vin et la table. Plus la pandémie dure, plus je me pique d’Epicure, 3 fois même, sans craindre les piqures et leur effet soi-disant apocalyptique.  Je n’ai rien contre les antivax qui prennent leur corps pour un temple mais s’enfilent des pastis et du jaja de contrebande en fumant clopes sur clopes, qui se prennent pour des Jean Moulin dans leur maison de vacances à Cannes ou qui parlent de Shoa parce qu’ils ont dû abandonner le golf ou la danse classique. D’un côté on a envie de se dire que c’est leur problème, mais c’est quand même aussi un peu le nôtre puisqu’ils peuvent nous contaminer ou contaminer un proche à qui l’on tient. Aimons-nous quand même les uns dans les autres parce que sinon c’est chiant, mais sans virus de préférence.

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Croix de bois, croix de fer, si tu te trompes, tu vas en enfer …

Comment cela a-t-il commencé déjà ? Où ai-je rencontré cette énergumène ?  Ah oui, une soirée gros Australo qui tâche ou qui pète, je ne sais plus bien. Le resto de l’ami Serge, « Au petit café des deux pintades qui se bécotent la croupe en sirotant du jaja » ou un truc du genre. Il était au fond de la salle, tassé, peccamineux, dans un coin, accoudé au bar, en ne cessant de me fixer tout en se grattant les miches. Je me souviens même que quand il s’est avancé vers moi, probablement pour me saluer, il a sorti ses mains des poches, j’ai cru voir une lame, il s’est approché de moi et j’ai bien cru que j’allais me faire planter par un Tchétchène ou un Boukistanais mécontent de ma prose. Comme je n’avais absolument pas prévu de canner ce jour-là, j’ai esquissé un pas de bossa nova, doublé d’un roulé boulé digne du commissaire San Antonio, clé de 12, tournevis moldave et immobilisation du tchétchène vindicatif. C’est à ce moment que l’australopat est intervenu pour me présenter le sieur Jean-Daniel. « Enchanté » que je lui aie dit. Il a poussé un cri étouffé perdu dans les jappements d’Ernesto, mon Rottweiler qui lui bouffait le cul, en tout bien, tout honneur.

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Apocryphe gnostique ou l’évangile selon Gilles de la Tourette

Putain de pute borgne, y a des soirées qui te tourneboule la cervelle façon rollercoaster. Y a des soirées que tu attends comme le Messie, pas celui qui traine sa carcasse et ses millions sur la pelouse du parc, mais celui qui a changé l’eau de là en vin d’ici. Après ce type de soirée, tu dors comme un chiard, sur un nuage bourguignon qui ne laisse pas sa part aux anges, et tu rêves … Pour ma part, j’ai rêvé que j’étais ce Messie tant attendu, et, qu’avec mes disciples, je parcourais à pas givrés, nerveusement, les allées d’une pharmacie afin de trouver un remède à leur invertebrétitude. J’ai bien trouvé une soupe de tortue rousse et irlandaise, mais il y avait des morceaux d’aveugle dans son stationnement. Jeanda, habillé d’un élégant tonneau cousu à la DRC, m’informa qu’il fallait défragmenter la lampe du salon pour pouvoir remonter les aveugles. Juché sur le tonneau, je dis à mes disciples :

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