Fermez la parenthèse et ouvrez les guillerets

En pleine soirée, Jean le Haut-Rhinois me demande :  « mais au fait, tu fais quoi comme job ? ».
Je réponds prestement et fièrement : « fermeur de parenthèse » !
« Et tu en es arrivé là comment ? Ça gagne bien ? »
« En y allant directement, mais pour la caillasse, ça dépend de la spécialité que tu choisis. Pour ma part, j’ai opté pour le classique, douze ans d’orthographe générale et de grammaire, suivis de cinq années de ponctuation et pose de virgule chez Nike. Je pensais me spécialiser dans le tiret cadratin mais j’ai opté pour le point de suspension, qui est beaucoup moins plat et laisse planer un doute« .
Face au regard circonflexe de mon interlocuteur, je poursuis, « j’interviens toujours en collaboration avec un ouvreur de parenthèse, c’est un travail collaboratif, même si tu ne sais jamais sur quel ouvreur tu vas tomber, je fais de belles rencontres. J’évite de travailler sur du Proust, trop de travail, je lui préfère Frederic Dard, c’est bien plus fun.  Pour gagner du temps, j’utilise une planche de surf pour glisser sur les phrases, des patins à roulettes pour tournicoter autour des accents, un trampoline pour rebondir sur les apostrophes ou des skis pour slalomer entre les mots ».

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Kapital Humain, la dure lutte des clashs

On peut rire de tout, de l’humour, rire de soi et même de son travail ! D’ailleurs, les entreprises n’ont jamais trop aimé les travailleurs, elles les rangent au poste « charges » et pas au poste « actifs », là où sont rangées les machines. Les machines ne se syndicalisent pas, ne brulent pas de pneus devant les usines, ne séquestrent pas les patrons, ne les tue pas, en tout cas pas encore ! Les nouveaux travailleurs sont désengagés, se moquent de leur entreprise sur Twitter sous le pseudo de Fantômasdu93, ou pire collent des virus dans les fichiers Excel en se prenant pour Jean Moulin. Si tu modifies leurs conditions de travail, ils font grimper le taux d’absentéisme de 25%, au motif que la pose clope a été réduite de moitié. Du coup, on en vient presque à regretter l’époque où on pouvait les ranger les uns contre les autres comme des sardines dans un grand bateau et les envoyer ramasser des bananes à Hollywood.

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A la foire aux cancres, on compte les bouses à la fin

Ce soir, c’est le bal des cancres, nos deux profs désagrégés ont invité deux autres profs pour nous faire la leçon de terroir. On a quand même à faire à l’élite de l’institution scolaire, celle de Jules Ferry, pas Jean, celui qui a inventé l’instruction obligatoire, mais aussi laïque. C’est à ce moment que le sacré a laissé la place à l’élu, l’auguste, l’instituteur … Celui qui a pour mission, en même temps qu’il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celles du langage, du calcul, du glandage et de la cancritude. Avec ce genre de prof, l’échelle des valeurs est en train de perdre ses barreaux. Rousseau, pas Armand, mais Jean-Jacques, a dit, l’homme est naturellement bon, c’est sûr, il ne connaissait pas Rage et JeanDa. Avec nos deux maitres es cépage, c’est le cercle des dégustateurs disparus. Dans ce duo de chevalier du partiel, celui qui me fascine, c’est JeanDa, il est capable d’expliquer tout ce que tu veux savoir sur un vin, sans même le connaitre, sans jamais l’avoir bu, c’est sa force ! JeanDa, pour qui, ne pas pouvoir revenir en arrière est une forme de progression, dispose de six sens : l’ouïe, la vue, l’odorat, le toucher, le mauvais goût et la tanicité. C’est un excellent skieur, même si ces élèves pensent qui ferait mieux de faire de l’avalanche plutôt que du ski.

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L’idéal pique-nique d’un chimiste idéaliste

Chez le serpent, on a nos habitudes, quand le thermomètre consent enfin à monter dans les tours, on organise « the pique-nique » à la belle étoile. Attention, il ne s’agit pas ici d’un vulgaire casse-croûte vite fait, mal fait, d’un gouter de chérubins libidineux, d’une collation de bobo ou d’un mâchon avec boites manufacturées, genre chips goût barbecue scandinave, d’une ration de combat tchétchène ou d’une salade de nouilles sous préservatif. Non, chez le serpent, c’est du lourd, du fait main, du pénible pour l’estomac, il faut que ça envoie des calories, que ça fouette les papilles et le nez, que ça cause au gosier question jus de raisin. Attention, il ne faut pas venir avec de la futaille de chardonnay, c’est pas un menu sur l’herbe à galipette qu’on prépare, c’est un déjeuner de rois, de princes, la tournée des grands-ducs de Bourgogne, un festin campagnard, des ripailles bocagères, pas une partouze à vinasse. Pour ce qui concerne les us et coutumes, le Jeanda s’accroche à son train de côte de bœuf comme la vérole au bas clergé, il lui faut sa viande amoureusement cuite dans le vin blanc avec un train d’oignons nouveaux et une rafale de légumes. On lui oppose la jurisprudence soiffarde, jamais le même plat deux années de suite.…

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Prolégomènes asymétriques, psittacismes italiens et petit nouveau

Je ne vais pas te le cacher plus longtemps, si j’ai taillé mon clavier pour t’écrire, c’est la faute à l’héritage pitoyable de mai 68, aux attentats du 11 septembre, à la crise du COVID, à Sarkozy, à Poutine, aux pluies de sable de mars et à ma prochaine déclaration d’impôts. En remplissant ma 2072-S/C avec joie et fébrilité afin de payer cet impôt juste mais néanmoins cruel qui nous frappe tous, j’eu un doute pernicieux, ne m’étais-je pas leurré en case XW8? En effet, je ne souhaite pas payer de redevance audiovisuelle, au prétexte que la télé c’est de la merde cathodique, même le dimanche, jour des gros manches. Si cette exonération dérogatoire est ordinairement possible, au regard du CGI art125B alinéa 259, je devrais, a contrario, cocher la case GZ25 et payer la taxe « j’échappe à la télé donc je suis moins con que la moyenne », ce qui induit une taxe égale au double de la redevance susnommée.

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L’Insoutenable Légèreté de l’être ou ne pas être

Sans honte, je te le dis, j’ai peur, j’ai les miquettes, la trouille bleue, verte, noire, la sainte trouille, j’ai les foies, la pétoche, les chocottes, je flippe ma race, j’ai les grelots, je balise, je clignote des castagnettes, je fouette du calcif, je sue des tifs, j’ai les boyaux en zigzag, les noix qui font bravo, j’ai les fumerons qui me manquent sous le ballon, bref, je psykote, j’ai peur, je peux même dire que j’ai une petite anxiété. J’ai la certitude désormais qu’ils sont là, Bernard Tapis dans l’ombre, prêts à nous sauter sur le râble, prêt à notre la mettre profond. Nous les croisons tous les jours, ils ont l’apparence d’êtres normaux, mais ils ne sont pas comme nous. Ils mangent comme nous, ils boivent comme nous, ils baisent leurs femmes comme nous, et parfois même la tienne aussi au passage, mais je ne t’ai rien dit. Ils aiment leurs enfants, leurs chiens aussi. Ils n’aiment pas les roux, les Boukistanais, les pandas, comme nous, enfin, surtout comme moi. Bref, ils font tout comme nous … Sauf que ce sont des antivax, des gens pas vaccinés, pas comme nous…

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Croix de bois, croix de fer, si tu te trompes, tu vas en enfer …

Comment cela a-t-il commencé déjà ? Où ai-je rencontré cette énergumène ?  Ah oui, une soirée gros Australo qui tâche ou qui pète, je ne sais plus bien. Le resto de l’ami Serge, « Au petit café des deux pintades qui se bécotent la croupe en sirotant du jaja » ou un truc du genre. Il était au fond de la salle, tassé, peccamineux, dans un coin, accoudé au bar, en ne cessant de me fixer tout en se grattant les miches. Je me souviens même que quand il s’est avancé vers moi, probablement pour me saluer, il a sorti ses mains des poches, j’ai cru voir une lame, il s’est approché de moi et j’ai bien cru que j’allais me faire planter par un Tchétchène ou un Boukistanais mécontent de ma prose. Comme je n’avais absolument pas prévu de canner ce jour-là, j’ai esquissé un pas de bossa nova, doublé d’un roulé boulé digne du commissaire San Antonio, clé de 12, tournevis moldave et immobilisation du tchétchène vindicatif. C’est à ce moment que l’australopat est intervenu pour me présenter le sieur Jean-Daniel. « Enchanté » que je lui aie dit. Il a poussé un cri étouffé perdu dans les jappements d’Ernesto, mon Rottweiler qui lui bouffait le cul, en tout bien, tout honneur.

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Apocryphe gnostique ou l’évangile selon Gilles de la Tourette

Putain de pute borgne, y a des soirées qui te tourneboule la cervelle façon rollercoaster. Y a des soirées que tu attends comme le Messie, pas celui qui traine sa carcasse et ses millions sur la pelouse du parc, mais celui qui a changé l’eau de là en vin d’ici. Après ce type de soirée, tu dors comme un chiard, sur un nuage bourguignon qui ne laisse pas sa part aux anges, et tu rêves … Pour ma part, j’ai rêvé que j’étais ce Messie tant attendu, et, qu’avec mes disciples, je parcourais à pas givrés, nerveusement, les allées d’une pharmacie afin de trouver un remède à leur invertebrétitude. J’ai bien trouvé une soupe de tortue rousse et irlandaise, mais il y avait des morceaux d’aveugle dans son stationnement. Jeanda, habillé d’un élégant tonneau cousu à la DRC, m’informa qu’il fallait défragmenter la lampe du salon pour pouvoir remonter les aveugles. Juché sur le tonneau, je dis à mes disciples :

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Des visages, des figures dévisagent, défigurent …

C’est la rentrée et, ça tombe bien, j’adore la rentrée. Finit la Covid, puisque qu’un truc aussi vachard ne pouvait être que féminin, finit également les espoirs d’euro 2020, mais en 2021. Finit les clowneries et autres pitreries ballounesques helvético-comiques de nos footeux, blindés comme des banques Suisses mais plus chocolat Suisse maintenant. Il est temps de passer au choses sérieuses: la soiffardise. Quelques bonnes quilles nous feront oublier les déboires d’un Titi parisien plus stériles en attaque qu’un chirurgien émasculé en pleine dépression nerveuse. Le grand buteur était surbooké comme une starlette du X mais beaucoup moins enclin à prendre les trous. Pendant l’euro, pour le démarquer en profondeur, ses coéquipiers, devaient fixer un rendez-vous une semaine à l’avance. Une bonne branlée, ça requinque même un eunuque dans une partouze.

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Ras la carafe ou le monde d’après (ou pas !!)

Je suis comme tout le monde, j’en ai ras la carafe de ce virus, des restrictions sanitaires, des gestes barrières, du couvre-feu, du confinement, du télétravail, du masque et des Chinoiseries. Je commence à avoir les caramels qui suintent au fond du panier. J’en ai marre de me goinfrer de coco-mousse devant le meilleur pâtissier qui rate ses gâteaux. Je veux vivre, sortir, boire des coups, me taper une côte de Bœuf et toutes ces choses qui font le sel et le poivre de la vie. Le 4 juillet, on remet une tune dans le bastringue, on sort la nappe à carreau, le tire-bouchon et les verres du dimanche et on s’en fait une petite, enfin, pas trop petite quand même. Et comme je ne suis pas radin, pour vous rassurer, je vous livre les conseils de tonton Psyko pour venir tranquille comme Mimille.

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