Qui s’est brûlé la langue n’oublie plus de souffler sur sa croupe

Avant d’entrer dans le vif du sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, je devrais même dire vous préoccupe, puisque personnellement pour ma part, je m’en tape les balloches, je voudrais faire une importante déclaration d’introduction liminaire, ce qui est, à l’évidence, un pléonasme redondant et superfluité qui passera inaperçu puisque notre belle langue Française est tombée en désuétude un peu près partout dans ce pays inculte où la culture est en jachère. Notre France, pays de la connaissance, de la littérature, des intellectuels brillants, des écrivains époustouflants. Le pays qui aime les mots, Guillaume Musso et Kev Adams … Quand je parle d’introduction liminaire, je ne parle pas de luminaire, bande d’inculte mal éclairé, je ne pense pas plus à de sataniques ébats gymnastiques que la morale réprouve en dehors des liens sacrés du mariage qui unis l’homme et la femme par l’intermédiaire de leurs sexes, je ne vais pas vous faire un dessin, vous êtes assez cochon pour visualiser la chose tout seul. Qui, à part nos valeureux profs, qu’on est les derniers, peuvent prétendre de ne point être amputé de la syntaxe, mutilé de la sémantique, éclopé de la grammaire, excisé de l’étymologie, émasculé du subjonctif ! Émasculé du subjonctif peut paraitre superfétatoire, mais s’il y a subjonctif, il y a que, et si on coupe le que, il y a émasculation ! C’est bien ce que je disais avant de parler.

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Séparer le bon vin de l’ivresse

L’ivresse est un thème cher au poète plus qu’au philosophe. Baudelaire nous invitait même à l’ivresse : « Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve« . Baudelaire était un adepte du Chasse Spleen, des folies passagères, des dérèglements et de la fuite de soi et du monde. Le philosophe est, quant à lui, un adepte de la démarche rationnelle et range l’ivresse dans ce qui s’oppose à la sagesse plutôt que dans ce qui peut la provoquer et pourtant… L’ivresse dont parle Baudelaire n’est pas une manière de fuir une existence insupportable mais c’est un art ! Elle était, pour lui,  à la fois une déchéance et une source d’inspiration créatrice. L’ivresse comme source d’inspiration n’est donc pas étrangère à la philosophie. C’est l’art de décentrer la banalité.

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Pas folle la Négrette

Lou-tsé, le moine procrastinateur, estimait que tout arrive pour une raison précise, sauf au football. L’être humain est un animal doué de raison, une raison sans faille, un esprit équilibré, qui, la plupart du temps, pense que les choses arrivent parce qu’elles doivent arrivées. Celui qui a perdu la raison, le fou, pense que les choses arrivent sans raison, comme au football. Le football est donc un sport de fou, il suffit d’observer ses supporters pour s’en convaincre définitivement. Je pense même, que la folie, peut-être plus que la raison, est une caractéristique habituelle de l’être humain en général et du supporter en particulier. Il est difficile d’établir une frontière précise entre la folie et la parfaite santé mentale, que nul ne possède peut-être, à part moi. La conséquence logique serait alors que tous les hommes sont fous, mais qu’ils le sont plus ou moins et de différentes manières, et la passion du foot en serait la pire. Donc, le foot, c’est fou, et pour ceux qui reviendraient de la planète Mars Attacks, c’est un jeu qui se joue par paquets de 23, répartis en deux groupes de 11, appelés joueurs, et un groupe de 1, appelé de noms d’oiseaux que la bienséance et quelques convenances m’empêchent de citer ici, mais, par exemple « mais va t’acheter des putains de lunettes ou quoi, bordel, non mais qui c’est qui m’a foutu un imbécile pareil ».

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Petrus, pourvoyeur d’émotion

Les émotions sont des concepts très complexes, philosophiques avant d’être scientifiques, ce qui explique qu’elles furent longtemps dédaignées par les scientifiques. En effet, comment concevoir étudier des phénomènes aussi subjectifs, aussi personnels, aussi intimes ? Mais L’émotion n’est pas un phénomène totalement subjectif, certains éléments, certains processus physiologiques, comme l’accélération du pouls, la transpiration, sont communs à l’ensemble des Hommes sur la planète. Un sourire est reconnu, du fin fond de la forêt amazonienne jusqu’au cœur de la chine comme un signe de joie. Basiquement, l’émotion peut se définir comme une manifestation de la vie affective, généralement accompagnée d’un état de conscience agréable ou pénible. L’émotion est donc un trouble à durée variable, une rupture d’équilibre, contrairement à la passion, qui est un déséquilibre durable de la raison. Longtemps méprisées, parfois diabolisées, souvent incomprises, les émotions ont fait l’objet de vives discussions, pour certains philosophes, elles constitueraient un obstacle majeur au plein accomplissement de l’action, elles fausseraient le jugement et seraient une entrave aux processus délibératifs menant à l’action.

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Voici venu le temps des rires et de Didier Deschamps

Je suis fatigué, raide mort, lessivé, éreinté, harassé, vidé, même un peu fourbi, voire fourbu, ça dépend des jours, je n’ai que le temps de bosser, même plus de temps à perdre et ça fait un bout de temps que je ne suis pas passé par ici. Pas le temps, plus le temps, j’ai des valises en carton sous les yeux et un sourire captieux (oui, je sais, mais j’avais envie de dire captieux). J’ai même plus le temps de boire un coup de Meursault bien frais, de lire et encore moins le temps d’écrire. Mais ce n’est pas de ça que je voulais vous parler, en fait, à la base, je voulais faire un post sur la dendrochronologie et le Meursault bien frais, mais je suis dit que ça n’intéressait surement personne, moi, personnellement, j’avoue que je m’en cogne de la dendrochronologie (mais pas du Meursault). Si je n’ai pas le temps, alors parlons du temps. Pas le temps qu’il fait, puisque, d’ici à ce que vous me lisiez, le temps aura surement changé, les orages auront, peut-être, pris la décision d’aller rincer quelqu’un d’autre. Mais, toujours soucieux d’élever le débat citoyen, je vous propose aujourd’hui des éléments de réponse à une vraie question dans l’air du temps : Le temps existe-t-il, les événements passés et futurs existent-ils, et y a-t-il un présent objectif et en corollaire, la France sera-t-elle championne du monde de football avec les pieds ?

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Texte parfait (et encore, je suis modeste)

Chaque fois que je commande sur internet, chaque fois que je vais au resto ou à l’hôtel, chaque fois que j’utilise les services d’un artisan ou un SAV, chaque fois, inévitablement, je reçois un questionnaire de satisfaction. Qu’on s’entende bien, je ne suis pas un donneur de points ou de satisfecit. Qu’est-ce que ça peut vous foutre que je sois satisfait du vendeur ou du plat qui m’a été servi ? Si j’ai quelques choses à dire au loufiat qui m’a apporté mon andouillette, je lui dirais moi-même. Si je ne suis pas satisfait, je suis assez grand pour le lui dire entre quatre yeux, sans passer par son patron. Vous voulez me satisfaire ? Mon cul, je ne suis pas dupe. Vous voulez avant tout me fidéliser. Si vous voulez vraiment me satisfaire, lâcher moi la grappe avec vos évaluations. Aujourd’hui, nous sommes dans l’évaluation permanente, depuis l’école, nous sommes notés, cela continu dans le monde du travail où nous sommes évalués en permanence. Pernicieusement, l’évaluation s’est glissée dans le monde du loisir. Si tu invites une fille au resto, tu devras évaluer ton chauffeur Uber, qui lui aussi t’évaluera, tu évalueras ton barman pour l’apéro et ton restaurant avant d’évaluer la fille sur Tinder. Si tu loue ton appart, tu seras toi-même évalué par ton locataire que tu évalueras. L’évaluation ou le culte de la perfection.

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Éloge de l’audace

Plus notre monde est sécurisé, et plus nous sommes craintifs et moins nous osons. Pourtant, c’est en osant que nous progressons. Comment se réjouir d’un parcours où l’on ne s’est jamais exposé, jamais mesuré aux difficultés. « Il meurt lentement celui qui devient l’esclave de l’habitude, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves » écrivait Pablo Neruda. A force de sécurisation tous azimuts, nos grandes anxiétés ont disparues et ont laisser la place à des peurs plus insidieuses :  la crainte du regard et du jugement de l’autre, peur de laisser un message sur un répondeur, de vieillir, de parler à des inconnus, d’avoir l’air médiocre, de prendre des décisions…

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Des chiffres et des litres

Bien avant JC Van Damne, Toto, Raymond Domenech, Luc Besson, Cyril Hanouna et le calcul rénal, l’homme a inventé le zéro, puis les autres chiffres. Il a commencé par se demander ce qu’il pouvait bien en faire, puis il a décidé de trouver un truc sympa pour que son imagination féconde ne reste pas mer morte et pour ne pas avoir appris à compter jusqu’à 19.452,47 pour des prunes. Un jour, ou peut-être une nuit, et même si les « i Phone » dotés d’une lampe intégrée n’avait pas encore été inventés, le comptable de la tribu a lancé un pavé de thon dans la marmite du pêcheur en ayant l’idée de remplacer les osselets de mammouth par des calculatrices Casio.

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L’Anglais sur le goût de la langue

J’ai trois souvenir de mon dernier passage à Londres. Mind the gap, la cuisine Pakistanaise et la cruelle absence de bon vin. Mind the Gap between French and British cultures ! Oui, un fossé sépare les Français de leurs cousins Grands Bretons. Même si nos histoires se sont mêlées et entremêlés, même si une heure d’avion nous sépare, les Froggies et les Rosbifs n’ont pas grand-chose en commun et surement pas la gastronomie. Si tu traverses la manche pour boire des bières ou du Earl Grey, voir la reine à Buckingham, Big Ben, la Tour, le Bridge, Hyde Park, la city et son cornichon magique, le métro de Coven Garden et ses escaliers interminables, pendre le bus jusqu’à Portobello Roadster, tout va bien. Si tu y vas pour boire et manger, c’est l’horreur !

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La fascination du charmeur de serpent

Fascination est l’un de mes mots préférés, comme hypnotique, obsession, énigmatique, concupiscent, anachorète, cénobite, sycophante, jaculatoire, nyctalope, putatif ou camerlingue. J’aime être fascinée. J’aime les mots compliqués et les choses simples. La fascination apporte un mélange de rêve et d’abandon confiant. La fascination peut mener au meilleur comme au pire, elle entretient la passion, mais le risque est de perdre son libre arbitre, sa volonté, comme la paralysie saisit la victime d’un charmeur de serpent. Ça tombe bien, nous sommes justement réunis chez un charmeur de serpent, un toqué de la tocante, le Quasimodo du carré de bœuf. Des steppes de Géorgie, des pentes de l’Etna, des hauteurs du Golan, des croix de Bourgogne ou des coteaux de Champagne, il a arpenté le monde pour entretenir notre fascination du vin. Dans ce Panthéon dionysiaque, la table est tout aussi importante, elle accompagne le plaisir de boire, elle permet d’établir un lien entre ce plaisir et l’objet du plaisir. Et en parlant d’objet du plaisir, puisqu’on n’est pas là pour être ailleurs, on commence par quelques Champagnes pour rendre un hommage à Jacques, qui nous fait remarquer deux, trois pendus attablés qui sont venus sans cravate.

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