Le bruit de l’écouvillon du temps tombé dans mon pif

Sauf à avoir passé les 18 derniers mois dans le trou du cul d’un donuts, vous n’êtes pas sans savoir que nous vivons, pour beaucoup d’entre nous, le plus grand événement historique de notre vie… Un peu moins pour moi qui suis plus vieux que beaucoup d’entre vous, puisque j’ai eu la chance d’assister au début de l’homme melon, Delon, l’unique Alain, en personne. Cela fait un an que les virologues étudient le virus, que les épidémiologistes étudient la pandémie, que le virus mobilise les gouvernements du monde entier, que les médias ne parlent que de ça et que Twitter twitte sans relâche sur le virus. Cela fait un an que les philosophe philosophe sur le virus. Il se joue même une sorte de compétition entre philosophes pour penser la pandémie, la prime à celui qui arriverait le premier à doter le virus d’une sorte de cerveau. Il y a ceux pour qui la pandémie a fait vaciller leur foi, pour qui la pandémie serait un événement d’ordre ontologique. L’être, le néant et l’existence de dieu. D’autres voient dans l’apparition du virus une conséquence du réchauffement climatique et de la mondialisation, réduisant le virus à un accident climatique. D’autres y voient la preuve de l’existence des sauriens extras terrestres. Chacun se raconte sa réalité virale, le virus est un révélateur, un deus ex machina, une paresse intellectuelle.

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Souvenir d’ancien combattant

Aujourd’hui, rien que pour entrer dans un lieu public, il faut lire 3 pages de recommandations, signer une décharge, vous laver à la Bétadine, vous habiller avec des sacs poubelles Handy Bag et faire 5 tests PCR. Il est bien loin le temps où tout le monde s’en battaient les couilles de l’hygiène collective. C’était il y a moins de 2 ans, j’entre dans le resto indien où il règne une atmosphère de zouk marocain. On est très loin du velours, de la flanelle et des discutions feutrées. Il est 19h45, je m’installe au Punjab Princesse. À peine mon cul à t-il touché la chaise inconfortable que le serveur aussi roux que pakistanais, je ne savais même pas que cela pouvait exister, pose une bière indienne devant moi. Je n’avais rien commandé, mais j’avais soif, comme j’avais déjà la chiasse, autant finir le taf, me suis-je dis, d’autant que je ne suis pas entré dans ce trou du cul du monde dans un objectif de calbute immaculé !

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Cet obscur objet du désir, putain de Zeus

De couvre-feu en confinement, nous avons pris conscience que des petites choses auxquelles nous n’accordions pas trop d’importance avant l’arrivée de la pandémie étaient plus importantes que ce que nous pensions. Un apéro entre potes, une ballade en forêts, un petit tour en voiture, un repas bien arrosé, du pécu, le shopping, un petit voyage, un coiffeur. Dans cette guéguerre contre le coronavirus, il n’y avait plus de pénurie que d’ennemi à affronter. Il y a bien internet et ses anges livreurs pour m’apaiser, les réseaux sociaux et leurs fake news pour m’énerver, les coachs sportifs avec leurs tutos à la con, des milliers d’activités à faire seul avec un belle photo de palmiers et de mer turquoise en fonds d’écran. Sur les réseaux sociaux, une palanqué de citoyens, à travers le monde, partagent en ligne leur mal-être, j’ai accès à tout et pourtant il me manque l’essentiel. Avant, c’était avant, j’étais libre de faire ce que bon me semblais, et je ne le faisais pas, et maintenant que ces habitudes sont un souvenirs, ils me manquent. Râler, c’est comme désirer, c’est l’essence même de l’homme. Nous entretenons tous une relation difficile et ambiguë avec nos besoins et nos pulsions, une sorte d’attirante répulsion.

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Ni pour, ni contre, bien au contraire …

Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris la plume, enfin, mon clavier à bras le corps, ce qui est la même chose sauf que ce n’est pas pareil. La chose qui me frappe durant cette pandémie, c’est la vitesse, la facilité avec laquelle le quidam moyen, parfois très moyen parfois, est devenu un éminent spécialiste des épidémies, des taux de prévalence, des courbes de mortalité, de la chloroquine, de la vaccination, mais pas trop les gestes barrières, faut pas déconner sur notre liberté de faire la fête dans des rades surpeuplés. Tous, savent exactement ce qu’il est bon ou pas pour l’humanité, bon ou pas de penser sur le sujet. Mais pas moi, j’avoue, je ne me prononce pas. Ce n’est pas que je n’ai aucune opinion sur le sujet, j’ai une opinion, mais masquée. Tous les philosophes vous le diront, l’opinion n’a rien à faire avec la science, “Ce n’est point dans les impressions que réside la science, mais dans le raisonnement sur les impressions”. Je pourrai citer d’autres philosophes, mais je crois qu’on a compris l’idée : la science est du côté de la connaissance, de la certitude, de l’évidence, du raisonnement, de l’absolu, et pas du côté de l’opinion… et pourtant, quand un événement tel qu’une épidémie, vous tombe dessus, doit-on forcément se taire ? Et préférer la sagesse du silence à l’incertitude de l’opinion ?

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Sur le fil à couper une couille

Comme le dit JeanDa, avec élégance, en titubant jusqu’à son carrosse et en réajustant sa robe de princesse : « Ptain, la soirée chez dom, c’est pas pour les Chombier ». Nonobstant les présupposés discutables de la méritocratie sociale, je dois dire qu’il n’a pas tort d’avoir raison le JeanDa. Mais la bonne question est : qui est ce monsieur Chombier ? Marcel Chombier, né le 8 août 1924 à Jouy sur-la-Reine et mort le 5 août 2007 à Bèze le Roi dans le Finistère, était et restera un illustre inconnu, bon père de famille, citoyen modèle, voisin respecté. Marcel Chombier a servi dans les commandos paramilitaires. Affublé de deux pieds parfaitement plats, il n’a jamais sauté en parachute, ni même tiré le moindre coup de feu, son seul fait d’arme et d’avoir crié « les boches c’est que des pédés » le 9 mai 1945. Cet acte de courage incroyable fut récompensé par l’insigne de Chevalier du grand Point de Croix. Le reste de la carrière de Marcel est assez trouble. Au mieux apprend-on qu’il était à Dallas en novembre 1963.

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Philo, espagnolade, hommage et réflexion vineuse

En cette période de post confinement, à tout bien peser, et le mot est bien choisi, j’ai bien essayé de m’astreindre à de grandes réflexions intellectuelles sur la vie, la mort, la religion, l’amour, la famille, ma place dans la société, l’épanouissement dans le travail, la nature, le réchauffement climatiques ou les nouvelles miches de Nabila, bref, de petits morceaux de métaphysique quotidiens, mais la seule chose qui m’intéresse vraiment, c’est de savourer un agneau noir du Velay cuit dans sa croûte de foin avec une réduction d’œufs brouillés aux truffes et de l’ail en chemise ou une énorme côte de bœuf black Angus maturée avec une béarnaise maison et des frites croustillantes à souhait et salées comme la mer morte. Comme me le répète tous les jours Ranulphe, mon prof de Zumba Groenlandaise, « On ne philosophe bien que le ventre bien plein ». C’est pas faux, mais, comme dans la peinture, le cinéma ou la musique, les artistes ou pseudos artistes d’aujourd’hui cachent trop souvent leur manque d’inspiration, leur misère sous un fumeux étendard : le concept, l’art conceptuel, la philosophie. Et ça marche ! Plus le commentaire est fumeux, nébuleux, plus les marchands font monter la cote et plus les collectionneurs collectionnent et plus le marché marche et plus les prix s’envole comme leur fumeuse théorie.

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Vis ma vie de confiné

C’est l’une des conséquences du confinement imposé pour lutter contre le virus du Pangolin Chinois. Nous vivons cloîtrés, depuis une cuisine transformée en bureau de télétravail ou du fond de notre canapé, smartphone scotché à la main, nous vivons désormais notre vie…. sur internet. Alors que les stories des exploits culinaires de vos amis ont remplacé dans votre fil d’actualité celles des rayons vides de supermarché, vous vous amusez à scruter les arrières plans des bibliothèques des journalistes et intervenants de BFN plutôt que d’écouter les commentaires anxiogènes de pseudo-experts qui changent d’avis comme de photo de fonds d’écran. On s’est tous dit qu’on n’allait pas rester planté devant la télé toute la journée, qu’on allait en profiter pour apprendre à cuisiner, faire des abdos tous les jours, lire enfin Proust en entier, apprendre à tricoter…

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Tu aimes les chians ?

« Tu aimes les chians ? Bien sûr, j’aime les chians, mais je préfère les caravanes« . Dans le monde trépidant des gangsters, il faut savoir se servir. Dans le monde trépidant des manouches, il fait savoir ne pas se coucher. Franky 4 doigts vole un énorme diamant, Boris le Hachoir, un russe aussi tordu que la faucille soviétique et aussi dur que le marteau qui l’accompagne, Turkish, Tommy, Tony dents de plombs, Mickey, un gitan complètement fêlé, et quelques autres fêlés, vont courir après. Et au milieu, un chian. Ce film, pour un amateur de réplique culte, c’est comme un coq au vin pour un poivrot. Sauf, que je hais les chiens. Mais pourquoi donc cette haine envers le meilleur ami de l’homme ?

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Faut pas avoir peur de jouer avec sa langue maternelle

Il y a eu des duo célèbres, comme Adam et Eve, la belle et la bête, Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Tom et Jerry, Bonnie & Clyde, Starsky et Hutch, Castor et Pollux, Jacquie et Michel, Procter & Gamble, Gault et Millau, Roux et Combaluzier, Coca et Cola, mais Kama et Soutra sont mes préférés. Je les ai découvert dans les aventures du commissaire San-Antonio. Les livres de Frédéric Dard comptèrent parmi mes premières lectures au même titre que SAS ou le Club des Cinq petits cons. Vous comprenez mieux pourquoi j’ai viré psychopathe. Dans les livres du grand Dard, à ne pas confondre avec le gros dard, j’ai beaucoup été influencé par les exploits du commissaire, séducteur de ses dames devant l’éternel et acrobate du plumard.

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Foufou de foot

Moi, personnellement pour ma part, je passe mon confinement à glander comme une grosse pastèque dénuée de culpabilité et de morale à la con, en recyclant des vieux mails surannés et en regardant des documentaires aussi inintéressants que celui d’hier sur un mongolien du pays de la Mongolie, pas JeanDa, un vrai qui était en train de coudre l’anus d’un pangolin sur la tête d’une chauve-souris, pas JeanDa, le Mongolien, même si JeanDa sait aussi le faire, juste avant de lui faire cuire les tripes à la braise pendant que ses gamins se jetaient des crottes de Yak à la gueule en invoquant le Dieu du vent et des pets… Je mate également des vieux matchs de foot vu qu’il n’y en a pas de nouveau à cause de la grippe du Pangolin. J’en profite pour réviser les règles et la tactique. Par exemple, j’ai appris quelle est la différence entre un 4-4-2 et un 4-3-3, c’est le 4, mais aussi le 2.

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