The big Fish

Une soirée soiffard, c’est la fête d’anniversaire de celui qui reçoit. C’est lui qui choisit ses invités, sa musique, son menu, ses quilles et qui décide si l’on porte des chemises à jabots et des chapeaux à plumes … ou pas ! C’est doublement vrai lorsque ledit soiffard fête vraiment son anniversaire et que les bougies sont aussi nombreuses que des puces sur le cul d’un babouin. Nous, on est serré comme des harengs, mais lui, DW Fishmen, en vieux loup de mer, est comme un poisson dans l’eau, ses yeux de merlan frit révèle qu’il est du signe poisson ascendant mayonnaise. Je sais, cette intro poissonneuse saute du coq à l’âne, mais permet à l’ablette que je suis, de noyer le poisson afin de tromper le pigeon. Pour notre Fishmen préféré, les années ont passé, à y regarder de plus près… ça marque, voilà 16 années qu’il a débarqué comme un flétan dans la bouillabaisse. A l’époque, il était beau comme une lamproie, je ne suis pas le genre à offrir ma capsule au premier maquereau venu, mais force était de constater, qu’il a la classe d’une daurade sans le snobisme de l’omble chevalier.

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Son altesse aime le Riesling

« La première qualité d’un grand vin est d’être rouge« . Combien de fois ai-je entendu cette ânerie ? Souvent, très souvent et souvent, ce qui fait trop de souvent, celui qui ânonner cela n’avait pas goûté de grand Riesling. Si la grandeur d’un vin pouvait se mesurer, ce serait à l’aulne, qui comme chacun sait, mesure 3 pieds 7 pouces et 10 lignes 5/6e de longueur, soit très exactement 1,188 m, à l’aulne donc de son potentiel de vieillissement, de sa complexité, de sa tenue à table et surtout de sa capacité à retranscrire un terroir, alors, le riesling arriverait dans le peloton de tête ! Voire devant.

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Je ne dis pas que des conneries, j’en fais aussi…

J’emmerde l’enfance, l’adolescence, l’adulescence, la vieillesse, les anniversaires, la vie, la mort et tout le reste. Je conchie sur tout le reste d’ailleurs. Je hais les vacances, j’exècre le travail, j’abhorre l’oisiveté, je maudis la lecture et j’anathématise les références, les images, les comparaisons, les mises en abyme quotidiennes. Je me hais et je déteste encore plus les autres et tout ce qui puisse me sortir de cette détestation. Je veux que mon esprit soit remplacé et le corps aussi tant qu’on y est. J’ai surement droit à un reset, une régénération, une résurrection, un truc qui te fait repartir à zéro. Mais attention, pas de connerie, je ne veux pas de résurrection religieuse ou toute autre ineptie du genre. Je ne veux pas de pollution intellectuelle ou de sermon de masse que même un gamin de 10 ans y verrait les ficelles d’une bouffonnerie absurde.

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La stratégie du cancre-là

Nous sommes heureux, en cette période de canicule et d’examen, Régis et JeanDa, nos deux pervers instructeurs, nos deux sérials éducateurs, nos deux gonades préférées, les Laurel et Hardi de la chimie, ont pris sur leur temps de correction, leur temps de châtiment notatoire, pour nous concocter une chtite soirée de chimie du vin. Ces deux grands spécialistes de la glande sont enseignants au collège Kev Adams de Schiltigheim, une ZEP (Zone d’Extermination des Profs) tout ce qu’il y a de plus ordinaire. La quasi-totalité de leurs élèves sont en échec, non pas parce qu’ils s’en foutent ou qu’ils ne travaillent pas, non, pas du tout, c’est simplement parce qu’ils sont tous cons, profondément con. Ils sont généralement soutenus par leurs parents, non pas parce qu’ils sont gentils ou empathiques, non, simplement parce que les parents sont comme leurs enfants : excessivement cons, parfois bien plus que leur débiles progénitures. C’est plus la France profonde, ce sont les connards des grandes profondeurs !  S’agissant du programme, c’est simple, Régis a le sien, les élèves ont le leur. Il a compris que rien ne sert d’imposer un programme.

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Déguster par les chemins de traverse

Déguster, c’est se pencher sur des mystères, en parcourir les méandres sans forcément réussir à les résoudre. Souvent, la route que l’on prend compte plus que la destination. Dans le film Sideways, on croise les registres, entre ridicule de situation, amour, gloire et beauté de la dégustation, une tranche de vie bien arrosée entre un amateur de vin et un buveur de vin. Entre celui qui intellectualise le vin et celui qui aime ou n’aime pas. Le vin a des origines si anciennes qu’elles se confondent avec l’histoire des hommes. Le vin a joué un rôle important dans notre civilisation, notre culture. Il a inspiré Caravage dans ses représentations de Bacchus, Véronèse et ses Noces de Cana, De Vinci, Renoir, Van Gogh … mais aussi Mozart dans le « Cosi fan tutte », mais il n’est pas très présent dans le cinéma. Bien avant JC, Gilgamesh le sumérien faisait la différence entre les bières de la Mésopotamie et les vins issus des monts Zagros ou du Liban. Platon, dans ses banquets, a fait état des principales saveurs et a classifié les odeurs en espèces ou familles. Un peu plus tard, Aristote propose une dégustation sensorielle définie par les quatre éléments : l’air, l’eau, le feu, et la terre. Même si la pratique de la dégustation est aussi ancienne que l’Histoire de la vigne et du vin, le terme dégustation n’apparaîtra qu’en 1519. La méthodologie se formalisera lentement à partir du XIVe siècle. En 2004, Richard Axel et Linda B. Buck, marquent par leur prix Nobel de médecine les progrès observés dans la connaissance des sens, du goût, et de l’odorat.

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Vous n’aurez pas l’Alsace et ma migraine

Il était quoi ? 7H47, à peine plus, pas moins non plus d’ailleurs. C’est une soif monstrueuse et une haleine de chacal qui m’ont réveillé. Je me lève, je la bouscule, comme d’habitude. La journée va être longue et probablement laborieuse. 4 heures de sommeil, à peine plus. Vous êtes combien ? Dis-je au troupeau de saumons qui s’amuse dans ma baignoire. 7 mon Colonel, me répond le plus gros, on attend la choucroute pour rentrer chez nous. Gardez-m’en une tranche, leur dis-je d’un ton alerte à Malibu. Je rampe jusqu’à la cuisine, Philou le Breton y a passé la nuit, il arbore une magnifique cape de mousquetaire, un masque de Batman et une couche Pamper’s Baby Dry. Il me lance un couteau de cuisine au visage en finissant une énorme andouillette purée qu’il a saucé au miel. Entre deux bouchées à faire pâlir un Sénégalais, il lâche Milou, son doberman habillé par Karl Lagerfeld et va se cacher dans le four.  Salut Portos, lui lance-je en même temps que son couteau de cuisine et les oreilles de son clébard. Reste dans le four, t’es déjà farci comme une paupiette, je vais t’arroser au Sylvaner et je te boufferai à midi.

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Achtung Babyfoot

« Va t’échauffer, tu entres dans cinq minutes. » Il avait attendu ces mots longtemps. Faire une entrée fracassante, marquer le but décisif, devenir le héros du club, celui que les gamins rêvent d’imiter… ou, au moins, retrouver un peu de plaisir. A force d’user les bancs, à force de s’entraîner pour du beurre, il avait complètement oublié le but du jeu, se faire plaisir. Un jour, le football avait été un jeu. Il ne pouvait pas se plaindre, il était payé pour jouer, et bien payé, pour quelques minutes de jeu par année. La saison précédente, il avait été chômeur quelques mois, il avait dû s’inscrire, pointer, suivre les formations et les entretiens avec son conseiller, fournir des preuves de recherche d’emploi. Il avait eu un peu honte de s’asseoir là, au fond de la salle, au milieu de ces gens licenciés d’un travail bien plus pénible. Un jour, il avait été un prodige, à 16 ans, on lui prédisait une grande carrière, le nouveau « machin », le futur « truc ». Et puis, la blessure bête, le genou en carafe, la rééducation, loin de sa famille, de ses amis, il avait commencé à trouver sa vie moins rose. Quelques piges, re-blessure, un prêt dans un club qui se battait contre la relégation, la bans et … il avait de nouveau sa chance ! Il allait la saisir …

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Les loges de la paresse

ParessePresque 20 jours de disparition totale, j’espère que vous n’avez pas appelé la police du vin ? Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas parti en Suisse pour planquer mes lingots tarbais et mes grands crus Bordelais, non, j’avais un peu de taf, du travail, de la besogne à finir, enfin, un vrai travail, pas un truc qui consiste à raconter une vie dont tout le monde se fout comme de son premier mauvais beaujolais. Tout ça pour te dire que le travail, même si c’est la santé, c’est aussi un peu le bagne. De servitude, pour les philosophes de l’Antiquité, à valeur refuge pour nos sociétés modernes, le travail à beaucoup changé en 3.000 ans. Pourtant, le travail n’a jamais rendu les gens heureux, demandez à un gilet jaune ce qu’il en pense. Paria ou marginal, le paresseux a toujours suscité autant louanges que dédain, jusqu’à Emmanuel Macron. Pourtant, depuis l’Antiquité, les philosophes font l’éloge de l’oisiveté contre le dogme du travail. Mais pourquoi défendent-ils la paresse ? Préférer l’oisiveté n’est pas un vilain défaut.

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Et surtout la santé …

Indiscutablement, 2018 aura été marqué par un évènement, les noces royales de Meghan et du prince Harry, l’amour était partout, mais surtout dans les coffres de Buckingham Palace. Les Français se sont remariés avec leur équipe de Football avec les pieds et le populisme est monté un peu partout, du Brésil à l’Italie où les ponts se sont écroulés de chagrin. Les gilets jaunes ont fêté le cinquantenaire de mai 68 à leur façon, le roi d’Arabie Saoudite a autorisé les femmes à conduire, mais toujours sous la Burqa.  La planète continue doucement de dépérir et les terroristes ne sont pas encore en vacances. Bref, il va falloir faire la fête pour oublier ça ?

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Gilet jaune, beau nez rouge, les couleurs de la Loire

Le jaune revient à la mode. Le beau gilet nouveau est arrivé. Comme les « bonnets rouges » de 1675, comme les « chemises vertes » de 1927, les « gilets jaunes » de 2018 expriment leur grogne. De chemises vertes en bonnets rouges, de marche violette en révolution orange, jusqu’aux gueules noires, il n’est pas de mouvement social qui ne se soit revêtu d’un parement coloré pour mieux identifier leur colère. Il n’y a guère que le bleu roi qui échappe à cette mode. Je sais qu’il est de bon ton d’être du côté des jaunes, je partage même une partie de leurs revendications, mais je pense aussi que toute lutte qui a pour seule fin la satisfaction de ses seuls intérêts, n’est pas une juste lutte. Le « Nationale Opportunisme » qui s’est formé autour de Mélenchon, Collard, Dupont Lajoie me dérange, m’obliger à mettre un gilet jaune pour passer un barrage me dérange encore plus, et pourquoi pas une étoile ? Rouler vaut bien un gilet pour certain. L’accessoire de sécurité devient un « must have », un sauf-conduit. Sans gilets, c’est l’attente. Avec la tunique or, c’est l’espoir de s’exfiltrer des bouchons sans risque. Liberté, égalité, gilet de sécurité ! Il parait que les gilets jaunes seraient apolitiques. Pourtant, lorsque Dieudonné se présente sur l’un de leurs barrages, il est accueilli à bras ouverts. Certains gilets jaunes seraient amateurs de quenelles… décidément, certains gilets jaunes cachent mal leurs chemises brunes !

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