Le bruit de l’écouvillon du temps tombé dans mon pif

Sauf à avoir passé les 18 derniers mois dans le trou du cul d’un donuts, vous n’êtes pas sans savoir que nous vivons, pour beaucoup d’entre nous, le plus grand événement historique de notre vie… Un peu moins pour moi qui suis plus vieux que beaucoup d’entre vous, puisque j’ai eu la chance d’assister au début de l’homme melon, Delon, l’unique Alain, en personne. Cela fait un an que les virologues étudient le virus, que les épidémiologistes étudient la pandémie, que le virus mobilise les gouvernements du monde entier, que les médias ne parlent que de ça et que Twitter twitte sans relâche sur le virus. Cela fait un an que les philosophes philosophet sur le virus. Il se joue même une sorte de compétition entre philosophes pour penser la pandémie, la prime à celui qui arriverait le premier à doter le virus d’une sorte de cerveau. Il y a ceux pour qui la pandémie a fait vaciller leur foi, pour qui la pandémie serait un événement d’ordre ontologique. L’être, le néant et l’existence de dieu. D’autres voient dans l’apparition du virus une conséquence du réchauffement climatique et de la mondialisation, réduisant le virus à un accident climatique. D’autres y voient la preuve de l’existence des sauriens extras terrestres. Chacun se raconte sa réalité virale, le virus est un révélateur, un deus ex machina, une paresse intellectuelle.

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La chute du faucon même pas noir

« L’homme souffre si profondément qu’il a dû inventer le rire« , affirme le philosophe Nietzsche. J’avoue qu’hier, vers environ 9h01, je soufrais si profondément que j’ai oublié de rire à la blague de Friedrich Wilhelm le prussien. Arrivé avec une minute de retard à mon premier rendez-vous de la journée, impardonnable, je me précipite vers l’entrée, je mets un pied sur le carrelage givré comme un SDF laissé dehors un soir de février, et décollage immédiat, double lutz avec boucle piquée et atterrissage sur la main. Résultat du jury : 9/10 en note artistique et une fracture du cubitus. Hilarant ! « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer« , lance Figaro à son maître dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais. Il voulait certainement dire par là, et pourquoi n’irait-il pas par-là, que prendre les événements de manière détachée, en plaisantant, permet, avec le recul qu’implique l’humour, de mieux les supporter. Continuer la lecture de « La chute du faucon même pas noir »

Le litre et le néant

Aujourd’hui, j’imprime mon premier billet. Ou plutôt le premier billet d’une nouvelle vie bloggesque. Une façon comme une autre de tourner la page d’une cénosillicaphobie qui m’a porté vers une Oenosemiophobie (la peur des étiquettes de bouteille de vin), crainte qui a fini par muter en Xyloglossophobie, la phobie de la langue de bois. Mais, rassurez-vous, ça se soigne! Je ne suis pas devenu vinophobe, loin de là ! Ceux qui ont la malchance de me connaitre vous le diront, je me soigne au Meursault bien frais ou à dose non-homéopathique de Côte-Rôtie, minérale et sauvage de préférence. Au début, il s’agissait de m’exprimer sur tout, sur rien, mais sur le vin, parfois en vain, deux milles billets et un peu de fausse monnaie plus tard, ma philosophie de comptoir m’a rattrapé. Après 15 ans à renâcler du vieux à la sortie du goulot, j’ai décidé de tenter une nouvelle approche de la chose vineuse. Un regard philosophique sur le vin. J’ai même pensé à plagier Jean-Paul, Sartre pas Belmondo, et appeler ce blog: « Le litre et le néant ». Néanmoins, la seule question qui me taraude, est : pourquoi associer le vin et la philosophie, fusse-t-elle de comptoir?

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