Cet obscur objet du désir, putain de Zeus

De couvre-feu en confinement, nous avons pris conscience que des petites choses auxquelles nous n’accordions pas trop d’importance avant l’arrivée de la pandémie étaient plus importantes que ce que nous pensions. Un apéro entre potes, une ballade en forêts, un petit tour en voiture, un repas bien arrosé, du pécu, le shopping, un petit voyage, un coiffeur. Dans cette guéguerre contre le coronavirus, il n’y avait plus de pénurie que d’ennemi à affronter. Il y a bien internet et ses anges livreurs pour m’apaiser, les réseaux sociaux et leurs fake news pour m’énerver, les coachs sportifs avec leurs tutos à la con, des milliers d’activités à faire seul avec un belle photo de palmiers et de mer turquoise en fonds d’écran. Sur les réseaux sociaux, une palanqué de citoyens, à travers le monde, partagent en ligne leur mal-être, j’ai accès à tout et pourtant il me manque l’essentiel. Avant, c’était avant, j’étais libre de faire ce que bon me semblais, et je ne le faisais pas, et maintenant que ces habitudes sont un souvenirs, ils me manquent. Râler, c’est comme désirer, c’est l’essence même de l’homme. Nous entretenons tous une relation difficile et ambiguë avec nos besoins et nos pulsions, une sorte d’attirante répulsion.

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Vis ma vie de confiné

C’est l’une des conséquences du confinement imposé pour lutter contre le virus du Pangolin Chinois. Nous vivons cloîtrés, depuis une cuisine transformée en bureau de télétravail ou du fond de notre canapé, smartphone scotché à la main, nous vivons désormais notre vie…. sur internet. Alors que les stories des exploits culinaires de vos amis ont remplacé dans votre fil d’actualité celles des rayons vides de supermarché, vous vous amusez à scruter les arrières plans des bibliothèques des journalistes et intervenants de BFN plutôt que d’écouter les commentaires anxiogènes de pseudo-experts qui changent d’avis comme de photo de fonds d’écran. On s’est tous dit qu’on n’allait pas rester planté devant la télé toute la journée, qu’on allait en profiter pour apprendre à cuisiner, faire des abdos tous les jours, lire enfin Proust en entier, apprendre à tricoter…

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