Krazuki revient, c’est la dure lutte …

 L’heure est grave. Le gouvernement merde complètement. Le pays est paralysé, plus de train, plus de police et de profs pour mater la jeunesse subversive, plus de fonctionnaire, le pays est au bord du gouffre. J’ai même envisagé de faire la grève du compte rendu. Par la seringue de Christopher Froome, les gens en sont réduits à utiliser leur vélo en plein hiver, la vierge est même apparue à un pauvre bougre qui avait crevé, elle lui tendait une boite de rustine. La CGT veut une grève dure qui dure, la CFDT veut une grève dure qui ne dure pas et Macron a une demie molle rien qu’en pensant aux Français qui rament pour aller bosser pour payer les jouets de noël de leur ingrats morveux. La grève est un truc de mec qui en ont une bien dure. Les quelques images des face à face syndicat gouvernement  me font penser aux Western de Sergio Léone mais avec des mecs en costards qui se défient du regard. Tout ce binz pour une vague histoire de retraite. Mais on s’en tape de la retraite, Michel Drucker, il prend sa retraite pour promener sa chienne ? Zaza, pas sa femme. Hughes Aufray, Franck Alamo, Elizabeth II, ils ont pris leurs retraites ? Ben non, Ils bossent, pourtant, ils ont pas mal cotisé les pauvres bougres, ils n’ont pas droit au repos ? Quand je pense à ses mémés retraités franchouillardes qui font bouffer du bio à leur petits enfants pour sauver la planète et qui emmènent papy gratter du Lama au Pérou en cramant 2 tonnes de carbone. Ça m’énerve.

Les séniors sont des putains d’égoïstes. Ils ne sont pas dans le partage. Payer pour les séniors, je veux bien, mais faudrait voir à être plus sympa, arrêtez de boucher le passage au supermarché, par exemple. Bon, faut bien reconnaitre que sans eux, pas mal d’animateur télé serait au chômage, regarder William Leymergie  ou Laurent Romejko, faut avoir amorcer sa fin de vie. Cette grève est absurde, elle pénalise les plus modeste, ceux qui se lèvent tôt pour gagner moins. Edouard Philippe, quand il apprend que le Metro est en rade, il a du mal à se projeter, le Metro, il ne sait même pas à quoi ça ressemble. Pour qu’il bouge un orteil, faudrait bloquer la livraison de DomPé au conseil des ministres. Faut taper où ça fait mal. Si vous voulez énerver Kim Kardashian, vous ne bloquez pas la bibliothèque, vous débranchez Instagram. Cette grève, elle peut durer dix ans, Macron n’en a rien à foutre, cette grève ne pénalise personne, enfin, personne qu’il ne connait. Que le métro soit fermé, que les RER soit bourré comme JeanDa un soir de chouille, ça lui en chatouille une sans bouger l’autre. Cette grève est nulle. Il nous faut un Krazuki, son visage, son crâne dégarni, son regard pétillant de malice, son sourire, son mégot, sa casquette à carreaux, son humour, son accent, sa gouaille de Gavroche, le patronage de mon enfance. Krasucki revient, ils ne savent plus faire la grève …

Comme on n’est pas là pour faire la grève, ni pour enfiler des merles, on attaque cette soirée à base de Meursault pour commencer. On va faire simple, une série de blanc Murisaltien et un pirate. Archi simple en théorie, mais faut connaitre le soiffard de base, rien n’est jamais simple avec lui. Dans l’ordre inverse de mes préférences : un Meursault 2017 Anne Boisson avec un léger pet au casque (bouchon, pas sûr), Meursault « les Cras » 2014 Remoissenet, gras et élevé, Meursault Charmes 2009 Henri Germain très solaire, Meursault 2012 Pierre Boisson, très frais, belle buvabilité, Meursault « Les Grands Charrons » 2017 Michel Bouzereau, vif et doté d’une belle longueur, Meursault « Les Narvaux » 2013 Domaine Ballot-Millot, agréable et frais. On continue avec un Meursault « Les Narvaux » 2016 et un Meursault « Le Poruzot-Dessus » 2011 de Rémi Jobard, deux très beaux vins avec un élevage très discret, une très belle bouche et une grande persistance. Meursault 2016 Antoine Jobard, excellent pour un village, Meursault « Les grands Charrons » 2017 Pierre Boisson, gras, frais, élégant et long, excellent. On termine cette série par un magnifique, même si ce n’est pas le meilleur que j’ai pu goûter, Meursault « Les Meix Chavaux » 2005 Domaine Roulot, le Meursault comme on aimerait en boire plus souvent. Et le pirate me direz-vous ? Un Bourgogne 2016 du Domaine Leroy, bon, mais j’en attendais peu être trop, pas de quoi lancer un ban bourguignon et faire un banquet gargantuesque.

Comme on n’est toujours pas là pour faire la grève, ni pour enfiler des pachydermes, on continue nos agapes. SI Meursault est mon blanc préféré, les Côte-Rôties sont mes rouges préférés. Côte rôtie est probablement l’une des appellations les plus prestigieuse du vignoble du Rhône dans sa partie septentrionale. C’est un vignoble historique, spectaculaire, qui a été formé par la main de l’homme, progressivement, tout au long des siècles, sur des coteaux extrêmement pentus, un travail titanesque. On distingue deux zones, la Côte Brune et la Côte Blonde. Les vins de la Côte Brune ont toujours un côté un peu plus robuste, plus masculin, contrairement à la Côte Blonde qui tire plus vers une personnalité féminine. Ici, la syrah est reine, c’est son terroir de prédilection, elle atteint ici un degré de complexité hors norme !  Toujours par ordre de préférence : « Les Grandes Places » 2007 Jean-Michel Gérin, un vin puissant, fumé, sur le tabac avec un joli boisé, « Vieilles Vignes en Coteau » 2005 Jean-Michel Stephan, un peu de réduction, beaucoup de minéralité et d’épices, Château d’Ampuis 2007 E.Guigal, l’élevage est luxueux, le vin gourmand et plaisant. Un bel élevage, un beau fruit mais un manque de vivacité et de race, « La Landonne » 2005 Jean-Michel Gérin, « Les Grandes Places » 2006 Domaine Clusel-Roch, racé, sur le fruit et les épices, un vin de gibier, « La Sereine Noire » 2005 Mathilde et Yves Gangloff, c’est riche, très serré avec de beaux tannins et une longue persistance. La Côte-Rôtie 2005 du Domaine Jamet n’est pas prête, mais quel potentiel, quelle puissance été quelle minéralité, à revoir et reboire encore. Encens, violette, épices, finesse, légèreté, élégance, suavité, des tannins aériens, une buvabilité extrême, « La Landonne » 2004 Domaine Rostaing, magnifique.

Je ne suis pas spécialement un fan du Domaine Guigal, mais force est de reconnaître que ces Lalala sont des merveilles de vins. « La Landonne » 2007 est précise, minérale et longue, « La Mouline » 2007 est tout en finesse et légèreté, « La Mouline » 2005 est plus solaire, les tannins moins prêts mais quelle longueur. Personnellement, j’ai craqué pour « La Turque » 2007 (surtout le lendemain), épices, poivre, lard et chocolat, une main de fer dans un gant de velours.  Le pirate était un Hermitage 2007 de Jean Louis Chave, au nez envoûtant et précis, minéral à souhait, fruité et racé, sur la violette, la rose et  la réglisse. On termine en beauté ce voyage sur le Rhône, Châteauneuf du pape Réserve Spéciale 1998 Henri Bonneau. C’est plus que du vin, c’est de l’histoire, un voyage hors du temps, un vin baroque, sur les épices, c’est le souk de Marrakech, des notes de tabac, de truffe… La bouche est splendide, légère sucrosité, petit rancio, de la fraicheur, un équilibre parfait, un élevage somptueux et une finale majestueuse qui ne semble jamais se finir. Un vin aussi extravagant que sublime, d’un autre temps. Le temps ou on savait faire des grèves et du vin.