Ni pour, ni contre, bien au contraire …

Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris la plume, enfin, mon clavier à bras le corps, ce qui est la même chose sauf que ce n’est pas pareil. La chose qui me frappe durant cette pandémie, c’est la vitesse, la facilité avec laquelle le quidam moyen, parfois très moyen parfois, est devenu un éminent spécialiste des épidémies, des taux de prévalence, des courbes de mortalité, de la chloroquine, de la vaccination, mais pas trop les gestes barrières, faut pas déconner sur notre liberté de faire la fête dans des rades surpeuplés. Tous, savent exactement ce qu’il est bon ou pas pour l’humanité, bon ou pas de penser sur le sujet. Mais pas moi, j’avoue, je ne me prononce pas. Ce n’est pas que je n’ai aucune opinion sur le sujet, j’ai une opinion, mais masquée. Tous les philosophes vous le diront, l’opinion n’a rien à faire avec la science, “Ce n’est point dans les impressions que réside la science, mais dans le raisonnement sur les impressions”. Je pourrai citer d’autres philosophes, mais je crois qu’on a compris l’idée : la science est du côté de la connaissance, de la certitude, de l’évidence, du raisonnement, de l’absolu, et pas du côté de l’opinion… et pourtant, quand un événement tel qu’une épidémie, vous tombe dessus, doit-on forcément se taire ? Et préférer la sagesse du silence à l’incertitude de l’opinion ?

Quand un tel cataclysme touche l’ensemble de l’humanité jusque dans son quotidien, difficile de ne pas en avoir une opinion. Même sans connaissance, sans étude, sans statistique, entre peur et raison. On est passé de la petite grippette facilement soignable par des charlatans adeptes de la Chloromachinchose, au masques inutiles puis obligatoires. Finalement, ne savant rien, ils se sont trompés sur presque tout.  On aurait surement pu éviter bon nombre de théories fumeuses, éviter de condamner les opinions, surtout celle des autres. Une opinion n’est jamais autre chose qu’elle-même, à savoir une opinion. L’opinion est une croyance qui a conscience d’être insuffisante… Alors, si on en est conscient, pourquoi se taire ? Son avis, son opinion, si on n’a pas une prétention de charlatan, vaut ce qu’elle vaut, pas plus, pas moins. On peut donc s’exalter ou rire des opinions, mais pas s’empêcher de penser ni de se taire. Même si on n’est clairement pas au niveau. L’absence d’opinion est elle-même une opinion, un point de vue, et même un engagement. Donc, si je n’ai pas d’opinion, c’est que j’ai une opinion, mais comment défendre et assumer l’idée de ne pas avoir d’avis sur le fait de ne pas avoir d’avis ? En me taisant ou en donnant mon opinion sur quelques choses que je maîtrise mieux, une idée ? Pourquoi pas mes vins confinés, voir confirmé…

Riesling Westhofener Morstein 2012 Seehof :  le vin de cette fin d’année pourrie, la fin d’année, pas le vin, loin de là.  Le Westhofener Morstein fait partie des tout premiers crus en Rheinhessen. Le nez est superbe, intense, sur la guimauve, la violette, les agrumes confit, une touche florale, de l’écorce d’orange, une pointe d’épice et une forte minéralité. La bouche est du même acabit, précise, pure, puissante et minérale, pierre humide, calcaire, c’est vertical et aérien, magnifique longueur avec des notes de fruit de la passion. Énormissime ! Énorme surprise !

Riesling Wiebelberg 2016 Domaine Rietsch : Un nez lacté, sur le thé vert, la poire, les fruits jaunes. La bouche est ample, l’acidité ressentie est faible, c’est fin, plaisant mais manque d’énergie.

Chablis 2016 Laurent Tribut : Un nez très classique Chablis, agrumes, poire, tilleul, anis, fleurs blanches. Une bouche beurrée mais tendue par une fine acidité qui apporte une fraîcheur et un tonus certain. L’ensemble est assez discret, sans faute et sans grand plaisir.

Chablis Vent d’Ange 2017 PattesLoup Thomas Pico : Un nez intense, incisif, sur les agrumes, le miel et les fleurs blanches. La bouche est saline, pure, gourmande, ample et étirée par une belle acidité. C’est du velours en bouche et c’est doté d’une énergie minérale sans pareille.

Meursault Charmes 2016 Henri Germain : Ce Meursault-Charmes nous offre un nez explosif et complexe, pétard, poudre à canon, agrumes, tilleul, pointe grillée, fruits jaunes et un peu de fleurs. La bouche est ciselée, ample et fraiche avec un joli gras et une longue finale minérale. Très beau

Côtes du Rhône Nouveau 2020 Domaine Richaud : Ce n’est pas du Beaujolais, mais ça se boit pareil. Gouleyant, frais, fruité, sur les fruits noirs, le réglisse. La bouche est ample et fraiche avec une jolie finale.

Domaine de Trévallon 2010 : Un nez profond, épicé, cassis, mûres, myrtilles, une touche de boisé élégant et un peu de tabac. La bouche est séveuse, ample, les tannins sont fins, l’élevage présent, mais sans excès, c’est élégant avec une longue finale sur le poivre et la boite à cigare. Ça aurait pu être Bordelais, mais c’est Provençal … De la belle ouvrage …

Latricière-Chambertin 2009 Domaine Rossignol-Trapet : Joli nez qui pinote, très typique, framboise, cassis, mélisse, réglisse, rose… C’est fin et élégant. La bouche est dense, épicée, beaux tannins fins et soyeux, petite acidité et longue finale aromatique. Très bien