Tu aimes les chians ?

« Tu aimes les chians ? Bien sûr, j’aime les chians, mais je préfère les caravanes« . Dans le monde trépidant des gangsters, il faut savoir se servir. Dans le monde trépidant des manouches, il fait savoir ne pas se coucher. Franky 4 doigts vole un énorme diamant, Boris le Hachoir, un russe aussi tordu que la faucille soviétique et aussi dur que le marteau qui l’accompagne, Turkish, Tommy, Tony dents de plombs, Mickey, un gitan complètement fêlé, et quelques autres fêlés, vont courir après. Et au milieu, un chian. Ce film, pour un amateur de réplique culte, c’est comme un coq au vin pour un poivrot. Sauf, que je hais les chiens. Mais pourquoi donc cette haine envers le meilleur ami de l’homme ?

Mon pote Ranulphe, qui comme tout le monde, aime la littérature romantique et frapper sa femme les soirs de défaite du Paris Saint Germain m’a posé cette question. Uno, je ne considère en aucune façon le chien soit le meilleur ami de l’homme, le meilleur ami de l’homme restant comme chacun sait, un Richebourg 99 servi sur une côte de bœuf maturée 90 jours.  Secundo, il ne s’agit nullement d’une haine secrète que je dévoile au grand jour suite à un horrible incident avec ces canins aux yeux implorant et aux poils graisseux, non il s’agit d’un constat froid, je hais simplement les chiens. Troisio, la haine que je porte à l’endroit de ces pauvres bestiaux n’est que le ricochet de la profonde haine que j’ai pour leurs débiles de maîtres, qui préfèrent donner à leur machine à crotte toute l’affection qu’ils n’ont pas donné à leurs gosses. Je préfère haïr la bête que le blaireau au bout de la laisse. Comme dans Snatch, la vie est une énorme machinerie. Tout seul, ça n’est déjà pas simple. À deux, c’est très dur et à trois c’est l’enfer. A fortiori, à plus de trois, c’est du délire. Ajoutez à cela des couleurs, des cultures et des religions différentes et on n’a vraiment pas fini de rire ! Dans ce bordel infâme, tous paniquent devant cette complexité et le montrent, sauf le manouche, pour qui la vie est un long voyage. C’est pourquoi il faut prendre exemple sur nos amis les gitans et nourrir une passion pour les caravanes. Sans aller non plus jusqu’à écouter Raphael en boucle, faut pas que déconner.

« Bon sang, arrête de me fourrer ta langue dans le cul, Gary. Laisse ça aux chiens. Tu n’es pas un chien, hein Gary ? Et pourtant tu présentes toutes les caractéristiques du chien. Toutes sauf la loyauté. » (Tête de brique)